L'accord Izneo : opportunité, plus que risque, pour la BD numérique

Clément Solym - 16.03.2011

Manga/BD/comics - Univers BD - izneo - numerique - librairie


« C'est un accord intelligent », souligne Louis Delas, président du groupe BD au SNE et PDG des éditions Casterman. L'accord, c'est celui lié entre la plateforme Izneo et les différents éditeurs BD qui ont décidé de faire cause commune en se retrouvant ensemble.

« Il existe plusieurs acteurs dans la BD, mais nous ne sommes finalement pas très nombreux. Concurrents, certes, autant que confrères, et surtout, tous conscients qu'il s'agit là d'enjeux majeurs, afin de pouvoir discuter clairement avec les acteurs internationaux, qui ne sont d'ailleurs pas des acteurs traditionnels du livre. »


Ainsi, la décision de faire plateforme commune, plutôt que chambre à part, comme on le retrouve dans le livre, représente pour Casterman, « la possibilité d'un développement en parfaite harmonie, du papier et du numérique. Avec cette décision, la BD numérique devrait devenir une opportunité plus qu'un risque ».

Et comme la volonté d'Iznéo n'est pas de rester vendeur direct, cette solution permet de mettre au maximum les libraires dans la boucle.

Justement, les libraires... On entend ici ou là que finalement l'offre homothétique, c'est bien joli de la vendre, mais c'est du côté des applications et de l'offre enrichie que se jouera le marché. « D'abord, je tiens à souligner que le numérique ne rapporte toujours rien. Le chiffre d'affaires est toujours bas, et les coûts de fabrications pas encore rentabilisés. Ensuite... déterminer quoi de l'application ou de l'homothétique fera le marché demain, je ne me risquerai pas à une hypothèse. D'ailleurs, le coût de création d'une application se répercutera sur le prix la vente, et dans ces conditions, il faudra encore que le consommateur accepte de le payer. »

Et surtout, quel meilleur filtre que le libraire, pour conseiller ou orienter ? « C'est pour cette raison que l'on ne doit pas oublier les libraires dans cette boucle, et qu'Izneo présente les meilleures solutions actuelles. »

Et à ce titre, la question de l'autoédition se pose : « Chez Casterman, nous avons les droits numériques pour 98 % de notre catalogue. Des Bilal, des Tardi, ou Pratt... Le fait que ces gens-là aient décidé de ne pas se lancer dans l'aventure de l'autoédition tout seuls est un signe. Pour un jeune auteur qui se lance, ce n'est pas du côté d’Amazon ni de Google qu'il faudra attendre un engagement dans la création à risque. »

La réactivité du secteur BD aura en tout cas été grande, si l'on regarde comment le livre s'organise. Trois plateformes, aucune cohésion ou presque. Il est vrai que les éditeurs de livres sont bien plus nombreux, mais, finalement, les gros qui ont structuré ces plateformes se comptent sur les doigts d'une main.