“L'Adieu Hollywood" de Guy Delisle : la Corée du Nord effraie New Regency

Cécile Mazin - 19.12.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - Corée Nord - adaptation bande dessinée - dictature terrorisme


Alors que Sony a décidé de céder aux menaces d'attaques terroristes, en annulant la diffusion de la comédie The Interview, racontant l'assassinat du dictateur Kim Jung-un, un autre studio décide d'abandonner un projet. Il s'agissait de l'adaptation de la bande dessinée du Canadien, Guy Delisle, Pyongyang.

 

 

 

 

 

La BD avait été publiée par L'Association, en mai 2003. « Après Shenzhen, Guy Delisle a poursuivi son travail nomade d'animateur à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Si on peut retrouver son regard personnel et circonspect sur un autre pays asiatique, Pyongyang présente en outre l'intérêt de donner des informations sur la vie quotidienne d'un des pays les plus secrets et les plus tyranniques du monde. »

 

Une fois encore, la Corée du Nord incarne un territoire sensible. Et l'auteur lui-même reconnaissait que le pays comptait parmi les plus fermés au monde, où le tourisme est millimétré, avec une oppression forte, et de multiples restrictions sur les accès au net. 

 

Gore Verbinski, réalisateur de Pirates des Caraïbes, et Steve Conrad, a donc été annulé. Et Steve Carell, qui devait incarne le personnage principal, ne voyagera donc pas en Corée du Nord. L'auteur n'a pas commenté directement la nouvelle, mais sur son blog, a lancé un Adieu Hollywood, criant de vérité. 

 

Après tout, poursuit l'auteur, « depuis maintenant deux ans que les droits ont été vendus, j'ai toujours eu connaissance des développements par voie d'internet. J'imagine que c'est la Hollywood way. Je savais que quelque part en Californie le scénario s'écrivait et, jusqu'à ce qu'un acteur principal soit choisi, je n'avais aucune idée si c'était un film d'animation ou un film en prise de vue réelle ».

 

Delisle précise qu'il n'avait pas beaucoup de contacts avec le studio de production : « En laissant les droits à une grosse maison de production américaine, je me doutais bien qu'on ne viendrait pas me demander mon avis et ça me convenait très bien de laisser mon livre se faire adapter. »

 

Savoir que Steve Carell donnerait vie à son personnage l'avait enthousiasmé, et « que tout ce projet tombe à l'eau me désole profondément ». Ce qui navre le plus, ce sont les raisons invoquées : « On aurait pu imaginer qu'une grosse multinationale résisterait devant les menaces d'une bande de hackers nord-coréens. Apparemment, ils ont su toucher là où ça fait mal. »

 

Les studios américains New Regency, propriété de la Fox, ont manifestement été paniqués par les menaces dont Sony a fait l'objet, et considéré que, dans les circonstances actuelles, le projet devait être annulé. Aucune déclaration officielle n'a été formulée. 

 

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