L'Appel du sang résonne à New York, et sortent les assassins

Clément Solym - 28.03.2012

Manga/BD/comics - Univers BD - New York - crime - mafia


Le disco, le strass et les paillettes, les pantalons pattes d'eph' et l'amour libre, on n'en retrouvera rien dans ce New York de la fin des années 70. Bienvenue dans le trottoir, entre les trafics de drogue et la prostitution, tous deux contrôlés par la mafia. Et comme il faut bien faire entendre sa voix, la Famille dispose d'un bras armé. 

 

Frank Pesci, alias K, ou Big K, est un tueur. Le genre à faire son job sans aucun sentiment. Pas d'attaches directes avec la Famille, pas d'implication personnelle, et pas d'opinion, pas de position. Et surtout, « je sais me taire ». Frank fait alors le sale boulot, mais le fait bien, consciencieusement.

 

Il faut réguler, c'est la base de l'économie. Dans les règles économiques de Keynes, la main invisible du marché se concrétise dans la Big Apple par le flingue de Frank, la clef à molette qui va fracasser le crane d'un réalisateur de mèche avec les fédéraux. 

 

 

 

Ou le balai à chiottes, qui finira dans la gorge d'un revendeur de drogue. Ce type se fait des petits extras avec des fillettes de 12 ans - voire moins - qu'il prostitue. Des gamines si rodées à l'exercice qu'elles écartent les cuisses dès qu'un homme entre dans la chambre glauque où elles sont séquestrées...

 

Une sale engeance. Et pas possible de laisser faire ce genre de choses. C'est une sorte de justice que Frank doit rendre. Alors, il fait son boulot, ne demande pas son reste et s'applique juste à le faire le mieux possible.

 

C'est que l'enfance du petit Frank a été mouvementée, avec un père violent et alcoolique. Une enfance bien moche. À l'image de ce New York dans lequel il travaille désormais. 

 

Sorti chez Casterman, Big K est dérangeant, perturbant, violent, froid. Et plus encore. Il glace volontiers les sangs quand on s'y replonge.

 

De la misère sociale aux bas-fonds de la ville qui ne dort jamais, on plonge dans une sordide histoire, éloignée autant que possible de toute norme. L'appel du sang résonne lourdement et ce premier volume fait particulièrement mal. 

 

Ca gratte et ça démange, ça écoeure un peu aussi. C'est du noir bien sombre, avec un dessin de Nicolas Duchêne impeccable, pour servir le scénario de Ptoma. Tout va tranquillement, paisiblement. Bienvenue dans la cour des miracles et ses courtisans...

 

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