Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

L'écran Retina de l'iPad 3 ne suffit pas pour les amateurs de comics

Clément Solym - 03.04.2012

Manga/BD/comics - Comics - lecture numérique - iPad - écran Retina


C'est donc magnifique : l'apparition de l'écran Retina sur l'iPad 3 apportait une excellente résolution à la tablette d'Apple. Une haute résolution en fait, qui va révolutionner... quelque chose. Évidemment, cette amélioration matérielle va avoir un impact sur les contenus, et les ouvrages les plus visuels en profiteront largement. Mais pas autant que prévu...

 

Ars Technica s'est en effet penché longuement sur les différences entre l'affichage de comics sur l'iPad 2 et l'iPad 3, et le moins que l'on puisse dire, c'est que les changements sont visibles. 

 

C'est que la typographie compte partout, mais elle importe particulièrement dans le cas des romans graphiques et la résolution nouvellement apportée donne une nouvelle vie aux oeuvres. C'est évidemment un grand renouveau pour les acteurs numériques qui proposent de la consultation et de la vente d'oeuvres au travers d'applications, par le biais de la tablette. 

 

Plusieurs acteurs sont ainsi passés en revue, ComiXology, Comics et d'autres encore, pour arriver à une conclusion simple : c'est nettement plus joli. Le texte est plus clair, comme le montre cet exemple assez flagrant. 

 

 

 

Mais c'est sur le plan commercial que la discussion vacille. En effet, Jeremy Tarney, PDG de Ultimate Comics, une boutique de comics reste éminemment sceptique. Pour lui, la tablette et la numecture ne changeront pas le secteur. En fait, cette numérisation court assez rapidement et droit, dans le mur. D'abord, pour le manque de titres que l'on constate aujourd'hui, et ensuite, pour ce que la rentabilité est longue à venir. Très longue.

 

« L'impact de l'iPad a été particulièrement minime. Positif, parce que les gens ont pu lire des choses qu'ils n'auraient pas regardées, grâce aux extraits gratuits... Le fond du problème, c'est de savoir qui sont nos clients - pas forcément des acharnés - mais dans tous les cas, ils lisent des comics depuis longtemps. Ils collectionnent les comics. Ils aiment les objets, les véritables comics. »

 

Et puis, le monde du comics se constitue aussi autour de gadgets, de goodies, de sacs collectors que l'on gagne en achetant des BD. Et surtout, il constate que les amateurs ne sont pas convaincus : aucun système de feuilletage ne semble en mesure de remplacer la simple consultation, rapide, d'un comics. Pas d'inquiétude alors sur le devenir du comics face au numérique : pour tous les avantages que cela apporterait, il reste la connexion aujourd'hui essentielle entre les passionnés et les titres. 

 

Et une fois encore, on se demande comment un libraire peut se tromper aussi lourdement. Parce que l'actuelle génération qui achète des comics en papier ne fait que découvrir le monde des tablettes, qui lui-même n'en est qu'à ses balbutiements. Mais avant tout, la génération qui grandit est elle en pleine effusion, devant les iPads et consorts. 

 

Elle qui demain sera consommatrice de comics, à acheter, comme tout autre oeuvre, musique ou film, directement depuis ses appareils courants...

 

Probablement la raison pour laquelle Marvel et DC Comics ont décidé de mettre en place des offres couplées, permettant, au travers de bundles numériques et papier, d'opérer la transition commerciale. Ainsi, chez Marvel, pour 3,99 $, on peut acheter des titres-phares en papier et numérique.