L'éditeur Jacques Glénat évoqué dans l'affaire #PanamaPapers

Nicolas Gary - 06.04.2016

Manga/BD/comics - Univers BD - Jacques Glénat - Panama Papers - paradis fiscal


Depuis le début de la semaine, c’est une consternation qui s’installe. Les révélations parues dans la presse autour de l’affaire Panama Papers sidèrent littéralement – et dévoilent une véritable organisation mondialisée autour de l’évasion fiscale. Le modèle offshore dévoilé à travers les révélations n’en finit pas d’éclabousser les personnalités, dirigeants, politiques. Et dans le secteur de l’édition, un premier nom vient de sortir. 

 

crédit Sedriknemeth

 

 

Le propriétaire des éditions Glénat, Jacques Glénat, figure en effet dans la base de données issue de la firme panaméenne, Mossack Fonseca. Cette structure spécialisée dans la domiciliation d’entreprise offshore a vu ses documents exposés sur la place publique, depuis le début de la semaine. Panama Papers devient une affaire internationale, que Le Monde a en France dévoilée.

 

« Les “Panama papers” révèlent qu’outre des milliers d’anonymes de nombreux chefs d’État, des milliardaires, des grands noms du sport, des célébrités ou des personnalités sous le coup de sanctions internationales ont recouru à des montages offshore pour dissimuler leurs actifs », indique le journal. Or, pour leur défense, beaucoup de personnes assurent que les sociétés sont malgré tout créées à des fins légales. Coquilles vides ou véritables structures, elles n’en servent pas moins à certains à échapper au fisc. 

 

Dans le cas de Jacques Glénat, nos confrères évoquent le rachat en 2009 d’une société Getway SA, sise aux Seychelles. Elle détient un compte bancaire qui servirait à l’achat d’œuvres d’art. Près de 4 millions € ont été placés sur ce dernier, et il a permis l’achat de plusieurs tableaux de maîtres (on cite Bruegel et Corot, en exemples), ainsi que des sculptures – parfois par le biais d’enchères. 

 

C’est la réforme des îles Veriges britanniques du 1er janvier 2014 qui a cependant bousculé l’anonymat de cette structure. Et Le Monde de poursuivre : 

 

Il faudra désormais fournir un rapport financier annuel de la société, mais, surtout, troquer les discrètes actions au porteur (anonymes) des sociétés pour des actions nominatives : c’est une couche d’opacité qui s’efface, puisque le nom des actionnaires doit désormais être renseigné. Mossack Fonseca, sommé par les autorités de respecter ces nouvelles règles, demande avec insistance le nom de l’actionnaire, mais le cabinet fiscaliste de Jacques Glénat, RSM Luxembourg, fait la sourde oreille pendant de longs mois. 

 

 

Cependant, le bénéficiaire préférera fermer la société seychelloise, plutôt que de figurer officiellement sur les registres. Le cabinet RSM demandera par ailleurs s’il est « possible de garder les actions au porteur, sachant que le client est prêt à payer toute amende pour les conserver ». Mossack Fonseca souhaitera tout de même connaître les noms et adresses du porteur d’action. Et selon Le Monde, c’est bien celui de l’actionnaire qui apparaît.

 

Dès l’été 2014, la société commence a être dissoute, par des dons manuels aux enfants de l’éditeur. Elle sera définitivement enterrée au mois de novembre. Sollicité par nos confrères, Jacques Glénat assure qu’il n’y a aucun lien direct entre lui et cette société. Par ailleurs, « s’agissant d’un compte de société, il n’a pas a être déclaré à l’administration fiscale si bien entendu, vous parlez du compte de la société Getway ».

 

Cette révélation, dans le monde de la bande dessinée, a fait l’effet d’une bombe, laissant les auteurs sans voix. « Édifiant et affligeant », explique-t-on cependant. Pour d’autres, il importe moins que la personne soit ciblée que de considérer « la confirmation que la crise de la bande dessinée n’est pas la même pour tout le monde ». 

 

« Qu'en pensent les auteurs de bande dessinée dont les revenus faiblissent à vue d'œil ? », s’interroge un autre acteur. Et l’on ajoute : « Pour certains, les paradis fiscaux, pour d’autres l’enfer des fins de mois. »

 

Ce qu'en pensent les auteurs ? Leurs réactions sur les réseaux sont assez éloquentes :