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La bande dessinée au sommet de son art : Rosinski, Franquin, Jacobs, Uderzo...

Florent D. - 08.06.2017

Manga/BD/comics - Univers BD - bande dessinée enchères - Franquin Jacobs Uderzo - vente enchères Thorgal


La prochaine vente aux enchères BD & Illustration aura lieu dans la prestigieuse salle de vente Christie’s le samedi 17 juin à Paris. La première consacrée à Rosinski, le dessinateur polonais mondialement connu pour sa série Thorgal (15 millions d’albums vendus depuis sa création en 1980), puis une seconde partie présentant de magnifiques belles planches des maîtres de la bande dessinée : Franquin, Jacobs, Uderzo, mais aussi Moebius, Pratt, Tezuka, et tant d’autres....



 
 

La sélection de planches et illustrations issues de la collection de Grzegorz Rosinski constitue une opportunité unique pour les amateurs d’acquérir des œuvres issues des douze premiers albums de Thorgal, parus entre 1978 et 1988, période mythique de la saga. Les inconditionnels pourront apprécier deux planches issues de La Magicienne trahie, le tout premier album de la série (estimations : € 13.000-15.000 et € 15.000-18.000).

D’autres planches provenant d’Au-delà des Ombres, de La Chute de Brek Zarith seront également proposées, ainsi que six planches de l’album Les Archers dans lequel Rosinski et Van Hamme donnent vie à Kriss de Valnor (estimation entre 15.000 € et 20.000 €). Enfin, trois planches du Grand Pouvoir du Chninkel (estimation : € 15.000-20.000 chacune), un des premiers romans graphiques de l’histoire de la bande dessinée franco-belge. Ce héros, esclave d’un monde où se mêlent fantasy et esthétique baroque, naît en 1986 lorsque Rosinski souhaite donner plus de libertés graphiques à son style. 

 

XIII est un autre héros légendaire créé par Jean Van Hamme, le même scénariste que Thorgal. Dessiné par William Vance, ce personnage amnésique entraînera des millions de lecteurs dans la quête de son passé. La section qui sera consacrée à Vance propose également un aperçu des séries qu’il réalise en parallèle telles que Bob Morane ou Bruce J. Hawker. Parmi les pièces principales : la quatrième de couverture de tous les albums de XIII à partir de 1990, qui habille la couverture du catalogue (€ 25.000-30.000) ainsi que deux planches de Bob Morane (€3.000 — 4.000). 

 

Ce très rare portrait au fusain d’André Franquin (estimation : € 50.000-60.000) fut réalisé en 1966 pour promouvoir l’album Gare aux Gaffes. Ce portrait du bien nommé Prudent Pimpon a la particularité d’avoir été dessiné dans un très grand format (30 x 40 cm). La technique du fusain, atypique dans l’œuvre de Franquin, n’a été utilisée que pour une demi-douzaine de dessins, la plupart dans des circonstances promotionnelles. 

 

Edgar P. Jacobs sera aussi mis à l’honneur avec une superbe planche issue du Mystère de la Grande Pyramide (estimation : € 120.000-140.000). Dans cette scène d’action, Philip Mortimer s’aperçoit que le professeur Grossgrabenstein est en fait son ennemi de toujours, le colonel Olrik. Cette planche est un parfait exemple du trait stylisé, expressif et vibrant de Jacobs. À la fin de la page, on retrouve le fameux cliffhanger, ce moment de suspense qui donne envie au lecteur de tourner la page de l’album... Un grand moment de l’histoire de la bande dessinée belge. 

 

Cette très belle planche d’Uderzo de 1969, issue de l’album, Astérix et le Chaudron, est caractéristique des meilleures planches des aventures des irréductibles Gaulois (estimation : € 150.000-180.000). Tandis que Goscinny distille bons mots et références subtiles, Uderzo donne vie à un personnage dont l’attitude théâtrale enveloppe toute la planche, dans un effet de cape qui n’est pas sans rappeler au lecteur « ce bon vieux Jules César ».

Dans un jeu de miroirs savoureux, la réplique d’Obélix « et le message ? Qu’est-ce que tu fais du message ? » évoque la phrase emblématique de Marshall McLuhan, philosophe des médias de la fin des années 60, « le médium, c’est le message ». La planche s’achève sur un autoportrait complice des deux auteurs, détail rare et touchant, qui contribue à en faire une pièce d’exception. 

 

Parmi les valeurs sûres du neuvième art : la couverture originale du dernier tome de Djinn, de la talentueuse Ana Miralles (€ 12.000-15.000) et une illustration de Jean-Pierre Gibrat, « Lamarck Caulaincourt » qui dépeint une foule de voyageurs dans un métro surchargé du Paris occupé où l’on aperçoit Jeanne, Cécile et Julien, les héros du Vol du Corbeau et du Sursis (€30.000 — 35.000). 

 

Osamu Tezuka est mort prématurément le 9 février 1989, jour de deuil national pour les Japonais qui le surnomment « le dieu des mangas ». Il est l’un des acteurs-clé de la bande dessinée nippone de l’après-guerre, avec près de 700 albums et des millions d’exemplaires vendus dans le monde entier, dont 50 millions de son vivant.

Tezuka est aussi le fondateur de l’industrie japonaise du dessin animé, avec 70 films, dont le très populaire Astro Boy (1953). Il est très rare de voir un dessin de Tezuka sur le marché : l’essentiel de sa production a été offert au musée qui lui est consacré près d’Osaka. Cette illustration de son héros fétiche Astro Boy, estimée à € 12.000-15.000 constitue une opportunité exceptionnelle pour les adeptes du mangaka.