Microsoft apprend l'humour à une intelligence artificielle par des comics

Nicolas Gary - 11.08.2015

Manga/BD/comics - Comics - bande dessinée - humour plaisanteries - robots intelligence artificielle


La quête de l’intelligence artificielle passera par la découverte de l’humour, la chose la plus prisée au monde, mais la moins bien partagée. Pour preuve, cette plaisanterie a pu plaire ou déplaire. Microsoft, qui planche sur le sujet, a travaillé avec Bob Mankoff, éditeur des comics publiés dans le New Yorker, pour enseigner les blagues. Sérieusement.

 

 

 

Former un ordinateur, pour qu’il saisisse ce que peut être de l’humour, passerait par des comics ? Depuis 2005, le magazine The New Yorker publie des dessins en noir et blanc, satiriques, sarcastiques, drôles, mordant, et ainsi de suite, dans son édition hebdomadaire. Et Bob Mankoff est en charge de la sélection. Mais ce dernier a besoin d’aide, et voilà qu’il décide de bosser avec Microsoft pour en obtenir.

 

Au cours de l’année passée, le chercheur Dafna Shahaf a alimenté un système informatique en dessins, accompagnés de leur légende, pour former la machine. Ce qui implique donc que dans les octets se propagent des éléments où la parole et tous les artifices de l’humour écrit sont combinés aux outils de l’humour visuel. 

 

Et les résultats ont été stupéfiants : plus d’une fois sur deux, 55,8 %, les humains étaient d’accord avec les choix de l’Intelligence artificielle. Ce qui signifie, pour Mankoff, qu’il serait possible de mettre à la poubelle 2200 demandes hebdomadaires, sans manquer les perles. Shahaf assure que si 50 % du temps de travail peut être économisé, l’avenir est à une sorte de partenariat entre l’homme et la machine. « Les ordinateurs peuvent être d’une grande aide », jure-t-il.

 

Ce qui ne signifie pour autant pas que les ordinateurs ont désormais compris ce qu’était l’humour, mais plutôt qu’ils parviennent à identifier et reproduire un ensemble de données, par un processus d’imitation. L’IA se contente donc de prendre en compte un certain nombre de paramètres, et applique alors une méthodologie bête et méchante. 

 

Ainsi, il suffirait de soumettre à l’IA des comics avec lesquels elle n’a pas été familiarisée pour que son sens de l’humour descende sous le niveau de la mer. L’étape malgré tout importante, et franchie cette fois, est celle d’une forme de compréhension. L’interaction qui passe par l’humour, et sa traduction en un langage informatique compréhensible représentait une véritable gageure.

 

 

 

C’est qu’il a fallu introduire des notions que le langage binaire peut avoir du mal à saisir : celle de décalage, au sein même de l’image. Des mots clefs ont été saisis pour introduire un contexte, et les anomalies liées au dessin. Celles-là mêmes qui introduisent une distance comique, et les ressorts humoristiques.

 

On est encore loin du jour où un ordinateur formulera ses propres blagues, sans reproduire des modèles préalablement avalés. Ce qui ne manquera pas de faire sourire, c’est que les travailleurs de Mechanical Turk, l’outil de crowdsourcing d’Amazon ont été utilisés pour réaliser un premier travail d’identification. 

 

Ce que l’on nomme l’ironie du sort...

 

(via Bloomberg)


Pour approfondir

Editeur :
Genre : science fiction...
Total pages : 288
Traducteur : pierre billon, pierre-paul durastanti
ISBN : 9782290055953

Le cycle des robots t.1 ; les robots

de Isaac Asimov

Première Loi : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. Deuxième Loi : Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la Première Loi. Troisième Loi : Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.

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