La BD 'un objet d'histoire' trop peu exploré par les chercheurs

Clément Solym - 26.05.2010

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Sylvain Lesage est thésard à l'Université de Versailles-St-Quentin en Yvelines. Il travaille actuellement sur une thèse consacrée à « l’album en France dans la seconde moitié du XXe siècle ». Faire une thèse sur la BD dans le domaine de l'Histoire est une chose encore rare.

Il explique : « La bande dessinée peine encore à s’imposer dans le domaine universitaire, où elle est considérée comme un divertissement pour enfants, un objet peu sérieux et donc pas assez noble pour être étudié ». Pourtant selon lui, la BD est « un objet d'histoire ». C'est pourquoi, il a décidé avec Caroline Moine (qui est maître de conférence) de monter un groupe de travail « pour une histoire culturelle de la bande dessinée ».


Il est présenté ainsi : « Ce groupe de travail souhaite offrir un lieu de discussion et d'échange à tous les chercheurs intéressés par l'histoire culturelle de la bande dessinée. Celle-ci, comme l'ont déjà souligné Jean-Paul Gabilliet et Thierry Crépin, est encore largement à construire. Si sociologues, littéraires et sémiologues se sont appropriés le champ, les historiens sont encore relativement rares ; surtout, ils sont isolés, et cette initiative cherche donc à faire se rencontrer ces différents chercheurs, confirmés et débutants, pour que soient dégagés axes de recherches et perspectives communes ».

Un premier atelier a été mis en place le 18 mai auquel a participé une quinzaine de chercheurs de toute la France. Il explorait « la problématique des circulations, transferts et adaptations » et était présidé par Pascal Ory (historien). L'atelier se tenait au Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines et pour suivre les orientations du lieu « une approche interdisciplinaire » a été adoptée cependant l'accent a été mis « sur une perspective diachronique ».

Un autre séminaire est déjà envisagé pour l'année prochaine. « Cela nous permettra de dresser un état des lieux de la recherche en matière de BD, et d’initier des projets de thèse ou de master », précise Sylvain.