La Comic-Con mobilise les militants contre le harcèlement sexuel

Julien Helmlinger - 28.07.2014

Manga/BD/comics - Comics - Harcèlement sexuel - Comic-Con San Diego - Geeks for CONsent


Avec les événements tels que la Comic-Con de ce week-end, et leurs habituels amateurs de cosplay, revient souvent la question du harcèlement sexuel en convention. En marge de l'édition annuelle de San Diego, un groupe militant baptisé Geeks for CONsent, créé par un trio de femmes, a souhaité attirer l'attention. L'organe a lancé une pétition en ligne via la plateforme Change.org. Réclamant aux organisateurs de la manifestation californienne la mise en place d'une politique anti-harcèlement, celle-ci a récolté plus de 2600 signatures.

 

 

 

 

Les membres de Geeks for CONsent affirment avoir été contactées par des cosplayeuses qui se seraient parfois plaintes d'attouchements. Mais aussi de s'être fait siffler, ou encore d'avoir été suivies voire photographiées sans leur consentement à l'occasion de l'édition annuelle de la ComicCon de San Diego. Elles dénoncent  le fait que des femmes en tenues légères restent utilisées dans le decorum de la convention, ou encore les propos de l'animateur Craig Ferguson qui aurait décrit des femmes costumées comme « légèrement salopes ». 

 

Le groupe estime que si la question du harcèlement sexuel se pose partout, le phénomène serait en revanche particulièrement amplifié dans un contexte comme celui des conventions, où la fantasy tient une place importante. Rochelle Keyhan avait déjà milité contre le harcèlement des femmes et membres de la communauté LGBT dans sa ville natale, à renfort de BD éducative. Ce qui l'a amenée à la Comic-Con en tant que directrice de Geeks for CONsent : « Ce problème en particulier est très fortement connecté à un autre plus vaste, il s'agit du même phénomène, mais il se manifeste d'une façon légèrement plus vulgaire sur le plan sexuel dans l'univers comics. »

 

Par le biais d'un communiqué adressé dimanche à l'Associated Press, Comic-Con International a revendiqué posséder déjà son code de conduite explicite qui s'attaquerait « à la question du harcèlement et des comportements offensants. [...] Ce Code de conduite est disponible en ligne, ainsi que sur la deuxième page du guide fourni à tous les visiteurs ». 

 

Un porte-parole de l'événement, a confié par ailleurs au Los Angeles Times que « quiconque s'est senti mal à l'aise lors de notre événement est évidemment un sujet d'inquiétude pour nous ». Les services de sécurité auraient été renforcés en 2014, avec présence accrue de la police de San Diego.

 

Au cours de la manifestation californienne, le groupe de militants contre le harcèlement a brandi des pancartes ou encore distribué des tatouages éphémères portant la mention « Le cosplay n'équivaut pas à un consentement ». 

 

L'actuel code en vigueur à la Comic-Con, ne satisfait pas l'équipe de Geeks for CONsent. Celle-ci réclame veulent que l'événement fêtant son 45e anniversaire adopte une politique plus claire, et qu'il forme son personnel à la gestion des plaintes pour harcèlement sexuel. « Cela fait en sorte que la personne qui est harcelée se sent plus en sécurité de rapporter une agression, tout comme pour les gens qui sont témoins de comportements inappropriés », selon Rachelle Keyhan.

 

Ci-dessous, la vidéo accompagnant la pétition :