La légende dorée, 1. Archinaze de Tarabisco : La chrétienté en prend un coup

Clément Solym - 06.12.2008

Manga/BD/comics - Univers BD - Légende - dorée - Archinaze


Il était une fois, l'un de ces moinillons qui font frémir de rire, bedonnant, binoclard et bon vivant. Un bon moine, quoi. C'est le frère Boulu. Et tout rondouillet qu'il est, il ne manque pas de bon sen ni de goût pour le gras de canard. Paisible dans son abbaye, il est tiré de son péché de gourmandise par trois mystérieux moines : encapuchés comme un dimanche, ils ont longuement chevauché pour venir à sa rencontre.

Car il est l'élu. Celui qui dans un premier temps va réveiller la Matago, une mandragre comme il n'en pousse qu'au pied des gibets, et selon le rite de Pline l'ancien, s'il vous plait... Car Boulu entretient un commerce certain avec les forces surnaturelles : il aurait même ses entrées dans les VIP parties de Saint Georges et de l'Archange Michel...

Et accompagné des frères Préchi et Précha, ainsi que d'André, ils vont tous quatre voyager pour le compte du Pape Innocent Cent... Pour affronter bien sûr les oeuvres du Malin. Manifestement pas si fûté de prime abord.

Voilà quelques années, cette BD n'aurait pas manqué de rappeler un jeu de rôle irrévérencieux et drôle lui-même, nommé In nomine Satanis/Magna Veritas, où Anges et Démons s'affrontaient dans le plus grand humour et la bonne humeur. Mais avec l'âge, on devient plus exigeant... Ce qui fait que côté scénario, ça manque de punch, de vértiables calembours et de comique de situation. Non que ce soit raté, mais on sent de la retenue, là où l'on devrait crouler sous les jeux de mots en pagaille. Par contre, que l'on se rassure, rien de sérieux dans toute cette affaire, la BD est un vaste assemblage d'ironie, d'anti-chrétienneté primaire et secondaire avec une grosse once d'auto-dérision.

Côté dessin, c'est un peu simpliste : entendez par là que ce n'est pas mon petit neveu de 6 ans qui a dessiné, mais plutôt que le trait est assez facile à aimer, un peu du MacDo, soit dit sans aucune aigreur (à l'estomac). Mais finalement, les deux se marient plutôt bien pour un titre sympatoche, qui ne casse certes pas des briques et ne fera pas hurler des Gloria. Pourtant, on s'attache assez à notre petit Boulu autant que l'on se laisse piéger à vouloir suivre une histoire rocambolesque.

Ici, on attend le tome 2 pour confirmer un sentiment positif, à condition que quelques modifications soient apportées : relisez Iznogoud, MM. Joblin et Le Discot (scénario et dessin) et inspirez-vous un peu plus d'autres irrévérencieux comme soeur Marie Thérèse. Assurément, votre deuxième volume sera bien plus consistant.

La légende dorée, 1. Archinaze de Tarabisco : 12.50 € (octobre 2008, 46 pages, Vents d'Ouest)