Les Indignés du FIBD dénoncent le contrat avec l'organisateur

Clémence Chouvelon - 04.06.2015

Manga/BD/comics - Univers BD - FIBD Angoulême - 9e art - pétition


Des citoyens, amateurs de bande dessinée et anciens dirigeants du Festival international de la Bande Dessinée d'Angoulême (FIBD), rassemblés sous l'étendard « Les Indignés de la bande dessinée d'Angoulême », ont lancé une pétition pour la destitution de 9e Art+, l'organisateur du festival depuis 8 ans. Ils souhaitent profiter de la fin du contrat accordé à 9e Art+, le 30 juin, pour donner un souffle nouveau à l'événement, et lui rendre sa dimension culturelle et artistique.

 

Festival de la BD d'Angoulême 2014
FIBD d'Angoulême 2014 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

En mars dernier, le président de l'Association, Patrick Ausou, envisageait de mettre en place un contrat quinquennal avec l'actuel organisateur, 9e Art+. Ce projet allait accorder à la société privée les différentes marques du Festival. Le projet était finalement retiré, nécessitant plus de concertations. 

 

En parallèle, la société 9e Art+ avait déposé des marques « Festival de la Bande Dessinée d'Angoulême » et « Festival d'Angoulême » auprès de l'Institut national de la propriété intellectuelle, sans prévenir l'Association du Festival ou les collectivités. 

 

Un premier accord avait concédé, pour une période de 10 ans, soit jusqu'en 2017, pour l'organisation de la manifestation. La société 9e Art+ disposait alors d'un contrat exclusif, vivement contesté, parce qu'attribué sans appel d'offre – alors que le budget de 4,3 millions € bénéficie de 2,1 millions € d'argent public.

 

« Si le Festival se déroule toujours en janvier depuis plus de 40 ans, son avenir se décide singulièrement en ce mois de juin 2015 », écrivent-ils. « Il n’y a pas de raison d’hésiter ou de temporiser, c’est pourquoi nous avons collectivement décidé de porter sur la place publique notre inquiétude et nos souhaits. » Et d'appeler donc à la dénonciation dudit contrat, pour le bien du festival.

 

Et nous tenons à souligner :

la dénonciation du contrat prévoit que les deux prochains festivals soient organisés sur les bases actuelles, ce qui laisse le temps de la réflexion pour l’avenir ;
la dénonciation du contrat ne met pas en danger les personnels du Festival ;
la dénonciation du contrat permet d’élaborer un projet inédit dans un cadre financier, juridique et légal nouveau ;
la dénonciation du contrat octroie le temps nécessaire à l’élaboration d’un cahier des charges dûment réfléchi et rédigé en concertation avec les institutionnels, les acteurs du territoire et les professionnels de la bande dessinée ;
ce cahier des charges servira de socle à un appel d’offre transparent et ouvert auprès des professionnels en vue de l’organisation future ;

 

 

En dénonçant ce contrat, la volonté des Indignés est de mettre en avant, au FIBD, les créateurs, pour qu'ils « redeviennent les âmes essentielles de cette manifestation », que les éditeurs soient « accueillis sérieusement et sereinement » et que les festivaliers soient « considérés comme autre chose que des porte-monnaie ». Si l'Association ne dénonce pas le contrat avant le 30 juin 2015, le contrat de 9e Art+ sera reconduit.​

 

« Depuis des mois, les organisateurs ont tenté, par la manière douce, d’apaiser les suspicions, et d’endormir la méfiance, tout en obtenant garanties, promesses et déclarations solennelles d’intention, tant des élus que de l’association », analyse un proche du dossier. Or, rien n’a manifestement évolué « en raison de la crainte d’avoir à affronter Franck Bondoux », le responsable de 9e Art.

 

L’offensive des Indignés de la bande dessinée a démarré hier, interpellant directement l’Association. « Il doit y avoir une réunion des financeurs demain matin. Le temps presse. »

 

 Ce festival se tient depuis une quarantaine d'année à Angoulême, fin janvier. La 43e édition du Festival d’Angoulême devrait se tenir du 28 au 31 janvier 2016.