La mairie d'Angoulême envisage de diminuer le financement du FIBD

Nicolas Gary - 14.10.2015

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Xavier Bonnefont, maire Les Républicains de la cité angoumoisine, n’a jamais caché un certain agacement, lié aux turpitudes du Festival de la BD. En responsable de la collectivité, il s’était déjà énervé de voir comment l’on se mettait rapidement à s’embourber, dès lors qu’il était question de la manifestation. Et voici qu’il décide de trancher dans le vif.

 

Festival de la BD d'Angoulême 2014

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

« Nous étudions la possibilité de diminuer notre contribution financière au festival, sur une base pouvant aller de -10 % à -50 % », a ainsi lancé le directeur des affaires culturelles de la ville, Thierry Courtois. Si l’on se souvient des propos du maire en avril dernier, alors peut-être comprend-on mieux encore toute la tension actuelle. 

 

En effet, alors qu’il était question de dénoncer le contrat liant l’association à l’origine du festival de la BD aux organisateurs, 9e Art +, le maire soulignait : « la décision de dénoncer l’actuel contrat me semble salutaire pour ne pas dire incontournable. » Or, pour diverses raisons, non seulement la dénonciation n’a pas eu lieu, mais les deux parties se retrouvaient liées pour une période de 10 années.

 

Juste assez pour que les aigreurs d’estomac, chez ceux qui aimeraient un peu de changement, montent en puissance. 

 

Ainsi, les services culturels de la mairie pourraient diminuer leur investissement, avec un manque de 54 à 270.000 €, annonce La Charente libre. Et qui plus est, cette petite pique a été lancée alors qu’étaient reçus le patron de 9e Art + et la chargée de communication de l’association. 

 

Et pour tous deux, la situation devient plutôt inconfortable : bien entendu, il n’est pas possible d’affronter la décision politique directement, et Franck Bondoux, de 9e Art + de noter : « Se désengager de la sorte de l’événement phare de la ville, c’est étrange et c’est adresser un inquiétant message aux éditeurs. » Ou pas : on pourrait tout à fait y voir une réponse adaptée – une manière de dire que l’on a compris quelles étaient les moyens de communication à déployer.

 

Toutefois, l’adjoint à la Culture, Samuel Cazenave a tenu à faire tomber la pression : pour l’heure, rien n’est définitivement acté, bien que le maire n’exclut aucune possibilité. Xavier Bonnefont rappelle que la situation financière de la cité n’est pas au mieux, et que les baisses de financements de l’État, depuis quatre années, nécessitent de faire des arbitrages budgétaires.

 

Le patron de 9e Art + rétorque que les difficultés financières à Angoulême ne sont pas nouvelles : « Anticiper, ça fait partie de la gestion. » Et par conséquent, il en conclut qu’il faudrait soit diminuer les prestations, soit augmenter le prix des entrées. 

 

Mais les subsides publics ne sont pas un dû, explique-t-on à la mairie. Et si les organisateurs du festival ont compté sur elles, comme étant acquises, on va probablement revoir les plans dans les meilleurs délais. Redistribuer les cartes des fonds publics montre également que c’est encore le politique qui a la main sur la manifestation, pas la société privée qui l’organise. Une autre manière de dire que l'on n'abandonne pas la manifestation, que justement la société organisatrice avait tenté de s'approprier. 

 

L'ancien président de l'Association, Gérard Balinziala, l'avait déploré : « Les Angoumoisins payent pour ce festival depuis 40 ans et on va en donner comme ça la moitié à un prestataire privé ? Pourquoi ne pas donner la moitié du théâtre à son directeur Gérard Lefèvre, puisque lui aussi fait du bon boulot ? » 

 

Le maire souhaiterait-il donc le retour à l’État de droit ?