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“La menace de boycott par certains éditeurs sur Angoulême était réelle” (Audrey Azoulay)

Florent D. - 24.01.2017

Manga/BD/comics - Univers BD - Audrey Azoulay Angouleme - festival BD organisation - lecture manifestation FIBD


En déplacement ce 26 janvier au Festival de la BD d’Angoulême, la ministre de la Culture revient sur l’intervention de son ministère dans l’organisation. Les multiples marasmes de 2016 avaient entraîné un mouvement de boycott des éditeurs BD. Après la nomination d’un médiateur, par le ministère, Audrezy Azoulay se réjouit d’une sortie de crise.

 

Audrey Azoulay inaugure le SLPJ16

Audrey Azoulay et Louis Delas, PDG de L'école des loisirs et Rue de Sèvres

 

 

Comment dissocier Angoulême de la bande dessinée : le festival compte parmi les plus importants au monde, son enjeu n’est plus simplement culturel, mais aussi économique, pour le territoire et l’ensemble du pays. Un FIBD « fragilisé par une série d‘épisodes », estime la ministre, auprès de la Charente libre, soucieuse de « protéger le festival de ce type de crise ».

 

L’intervention de l’État, pour réguler quelque peu l’ensemble, a abouti à la création d’une structure où tous les partenaires sont désormais associés. « Des polémiques, il y en a toujours eu et il y en aura encore. [...] Mais là, il ne s’agissait pas d’une polémique de surface. La menace de boycott par certains éditeurs sur l’édition 2017 était réelle », souligne la ministre.

 

Cette nouvelle structure doit fédérer les acteurs impliqués tout en préservant l’indépendance des opérateurs historiques. « L’association pour le développement de la BD a vocation à réunir, mais pas à faire. Ce n’est pas une structure opérationnelle, mais stratégique », garantit Audrey Azoulay.

 

“Cette nouvelle association, qui sera une structure légère, permettra d'assurer une meilleure coordination et une meilleure implication des partenaires dans les orientations importantes du festival et dans l'utilisation des moyens financiers qui lui sont alloués.” Audrey Azoulay

 

Loin d’exclure ou de s’immiscer, elle serait donc un outil de transparence – chose qui a été longtemps déplorée.

 

Et une manière, malgré tout, de faire rentrer dans le rang les voix trop haut perchées : certes, « personne ne pense que Cannes est dans la main du pouvoir politique ». Mais c’est aussi une manière de faire fonctionner Angoulême comme « tous les grands festivals » : en bonne intelligence.

 

Or, l’association historique du FIBD a montré plus que des réticences devant les dernières annonces faites. Pour la ministre, les relations nécessiteront des échanges, et tout « dépendra de la bonne volonté des uns et des autres ». D’ailleurs un président garantira la collégialité de cette nouvelle association. Et cela sans « révolutionner le format de l’évènement ».

 

Quant à la présence de Mélenchon, Macron et Jadot, si elle doit beaucoup à la campagne présidentielle, la ministre y voit un point positif. « Plus les personnalités politiques, notamment celles qui concourent à l’élection présidentielle, se frottent à la culture, plus cela peut enrichir leurs propositions pour l’échéance électorale qui s’annonce. »

 

Ce sera aussi la prise de conscience, certainement, de l’évolution du marché : « On a une production qui augmente et un mode de vie des auteurs qui se paupérise. J’y suis très attentive », insiste la ministre. « Il faut protéger cette diversité. »