La nouvelle pop star nippone est un hologramme fétichisé

Julien Helmlinger - 18.04.2014

Manga/BD/comics - Univers Manga - Pop - Japon - Hologramme


Si en France Patrick Bruel avait le don de faire allumer les briquets à travers les salles de concert, au Japon, Hatsune Miku fait lever les glowsticks. Bienvenue dans le nouveau millénaire du spectacle vivant. Un peu à la manière des stripteaseuses holographiques de l'univers Star Wars, malgré la foule en délire, la pop star ne craint pas que quiconque ne vienne lui mettre une indélicate main aux fesses. D'ailleurs, elle a les yeux un peu trop grands et ronds pour paraître bien réelle, même pour une artiste défoncée à la MDMA, et le concept est peut-être moins flippant ainsi. 

 

 

 

 

Elle a les cheveux naturellement turquoise, des jambes astronomiques, s'habille comme le ferait une écolière dans un manga érotique, mini-jupe et cuissardes, et peut chanter n'importe quoi pourvu que l'on lui compose la chanson. Cette nouvelle célébrité, appelée à faire la première partie du show de Lady Gaga en Amérique du Nord, a commencé sa carrière dans l'Archipel nippon. Elle a débuté en tant que mascotte pour une société de logiciels de musique, et la voilà devenue star internationale.

 

Grâce à la magie du crowdsourcing, la chanteuse dispose d'un répertoire de quelque 100.000 titres, originaux, près de deux millions d'adeptes sur Facebook, et a eu l'occasion de jouer les égéries pour des grandes marques comme Google, Toyota, ou encore Louis Vuitton.

 

On dit qu'elle a 16 ans, et quelque chose me dit qu'elle ne vieillira jamais, pour cause : c'est un hologramme. La voix qui lui est reliée est synthétique. Ses musiciens en revanche sont des hommes, de chair et de sang, mais ce n'est pas eux que vient voir la foule massée à ses concerts. Ses fans l'adorent, ils se détournent des humains pour sexualiser leur vedette virtuelle et nourrir leurs fantasmes typés manga. Les puristes achèteront l'oreiller érotique sur Amazon, pour passer toutes leurs nuits avec elle. 

 

L'an passé, on apprenait que 8 % des membres d'un panel américain admettaient s'être déjà pris à fantasmer sur un ébat robotique, contre 11 % d'incertains et 81 % définitivement opposés à cette idée. Le phénomène prendrait-il de l'ampleur ? Rien n'est sûr. Les Japonais, quant à eux, auraient une relation particulière avec l'humanisation des objets. Elle se traduirait notamment par une manie de décorer ses affaires personnelles comme des poupées, et serait héritée de ces marionnettes de bois nommées Karakuri Ningyo, apparues il y a plus de 400 ans dans le pays.

 

- Et toi, R2-D2, t'en penses quoi ?

- Dweepbeeep

- On est d'accord. 

 

Ci-dessous, un hologramme en live :

 

 


 

 

(via Salon)