Le comics numérique plus proche de la vision de l'auteur que l'imprimé

Clément Solym - 27.10.2011

Manga/BD/comics - Comics - comics - numériques - fidèles


Mike Romo, journaliste spécialisé dans le comics, s'est mis à la lecture de comics sur iPad, il y a un mois et a tenu à partager son engouement pour cela. Il était pourtant sceptique dans un premier temps, se demandant notamment si les dessins seraient aussi appréciables vus sur un écran et si la sensation du papier ne lui manquerait pas.

 

 

Spécificités du numérique


En fait, ce qui l'a décidé à tenter la lecture sur iPad est le manque de place chez lui pour entreposer tous ses comics (et la flemme de les ranger par ordre alphabétique des titres). La décision de DC de sortir simultanément ses titres relancés en numérique et imprimé a été le déclencheur pour Mike Romo. Une occasion de réellement tout recommencer à zéro.

 


Plusieurs points font, selon lui, que le numérique est vraiment approprié à la lecture de comics. La lecture dynamique ou guidée lui semble être une bonne chose pour attirer de nouveaux lecteurs plus habitués au cinéma qu'à la lecture. Des lecteurs moins indépendants qui apprécieront d'être guidés dans les cases et dans l'histoire. D'autre part, même s'il est important qu'elle ne reste qu'une option, elle pourrait aussi séduire les grands lecteurs de comics en offrant une plus grande tension dramatique dans certaines scènes.

Mike Romo apprécie aussi le fait qu'un comic numérique ne pas être déchiré, avoir des pages pliées ou mouillées. Alors oui, l'appareil de lecture peut être cassé, mais les comics eux ne seront ni perdus, ni endommagés et il suffira de les retélécharger sur un autre appareil pour les retrouver tels qu'ils ont toujours été. [NdR : passons sous silence, dans ce cas de figure, le coût de rachat d'une tablette, contre celui d'une version imprimée...]

 

Au plus proche des intentions de l'auteur


Bien évidemment, le gain de place et le rangement automatique des titres sont des avantages non négligeables pour Mike Romo. Et c'est d'autant plus appréciable que s'il désire relire un ancien numéro, il peut le faire très facilement sans avoir à chercher le numéro en question sur ses étagères. Il indique aussi que les comics numériques ne comportent que peu de publicités. Ainsi, le suspens de l'histoire n'est pas interrompu par une page de promo. Plus proche de l'histoire telle que l'a conçu l'auteur, en somme.

 
Dernier point important et non des moindres la qualité des dessins. Là encore, Mike Romo estime que le numérique est plus proche de l'oeuvre telle qu'elle a été conçue par son auteur. En effet, les dessinateurs de comics (et les coloristes) travaillent pour la plupart sur ordinateurs. La lecture sur écran nous rapprocherait donc du rendu original du travail du dessinateur. Et de prendre l'exemple de doubles pages qui semblent avoir été pensées pour un lecture sur écran plutôt que sur imprimé (avec la fameuse coupure du milieu) comme celles de J.H. Williams. Selon lui, même les couleurs ressortent mieux sur écran que dans les versions imprimées. Enfin, que lorsque les artistes commenceront à concevoir des comics spécifiquement numériques, on verra encore plus de belles créations.

Pour autant, Mike Romo n'annonce pas la mort du papier bien au contraire. Selon lui, le numérique sera parfait pour des titres simples, mais d'autres rendront toujours mieux en version imprimée comme les titres de Matt Kindt ou encore la série des Parker de Darwyn Cooke.