Le comics, un modèle (en danger) comme un autre

Clément Solym - 04.08.2010

Manga/BD/comics - Comics - comic - ebook - modèle


Comme d’autres grands périodiques, les publications DC et Marvel proposent l’achat d’une version numérique des comics et la lecture immédiate sur iPad. En plus d’être la copie conforme de la version disponible en librairies spécialisées, la version numérique sort le même jour, mais plus tôt que la version papier. Et fait craindre des répercussions sur les ventes en kiosques et librairies.

C'est le bazar dans la distribution

Une perturbation dans le marché de la BD américaine fait figure de révolution puisque l’application commerciale Comixology brise un monopole historique. Jusqu’alors, les détaillants s’approvisionnaient en séries par le biais de la seule compagnie Diamond Distribution.

Une procédure pas si anodine puisque les commandes s’effectuaient 6 mois avant la parution. Avec l’ouverture du marché à une concurrence parallèle, les détaillants pourraient espérer des conditions plus favorables auprès du fournisseur.

Et chez les libraires et revendeurs ?

Mais de la même manière que certains revendeurs craignent que le numérique ne fasse chuter la vente de versions papier, les vendeurs de BD américaine craignent un effet néfaste. D’autant plus que la cible du comics rejoint celle de l’iPad, bien plus que celle de l’ebook. Si la lecture de petits caractères ne bénéficie pas des dernières technologies en matière d’encre numérique sur tablette tactile, le comics lui devient très plaisant grâce à un affichage haute définition.

Secteur à part du marché de l’industrie papier en Europe, le comics prouve, dans la douleur, qu’il est un modèle économique égal aux autres acteurs de l’industrie du livre. Il semble toutefois que certaines initiatives mises en place pourraient retenir une partie des amateurs de Stan Lee dans leurs habitudes d’achats.

Avantage papier

À la différence du livre qui ne peut opposer que son utilisation confortable à l’ebook, le comics profite de choix éditoriaux bien vus comme des compilations de séries en format livre grand format, et surtout sur un papier de qualité supérieure. Feuilleter un illustré sur papier glacé est un plaisir tactile auprès duquel la navigation du bout de doigts fait office de gadget amusant… quelques instants.

Et devant la finesse et la flexibilité des petits mensuels, la compacité de l’iPad n’impressionne pas.