Le Congo d'Hergé et de Tintin bien inspiré, selon la ministre de la Culture

Clément Solym - 22.10.2010

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Bienvenu Mbutu Mondondo s'est méchamment fait désavouer par la ministre de la Culture congolaise en personne, alors même que ce monsieur mène un combat de longue haleine contre Tintin au Congo. Et ce, depuis des mois...

Voire des années. M. Mbutu Mondondo estime en effet que l'oeuvre d'Hergé est raciste, présentant un visage humiliant de l'Afrique et de son pays en particulier. Et sa lutte judiciaire pour que la BD soit estampillée d'un bandeau d'avertissement voire tout simplement retirée des ventes, se poursuivra avec une nouvelle parution devant la justice belge, le 22 novembre prochain.

Mais entre temps, on vient de lui couper quelque peu l'herbe sous le pied. En effet, à l'occasion de l'inauguration du festival de la BD de Kinshasa, la ministre Kavira Mapera a estimé qu'il n'y avait pas lieu du tout de poursuivre ni l'oeuvre, ni la mémoire de l'auteur, et moins encore de faire autant de bruit autour de ce livre.

Interrogée par RFI, en marge de l'inauguration, elle explique sa position : « Pour le gouvernement congolais, Tintin au Congo est un chef-d'oeuvre. Cet album ne blesse en rien la culture congolaise. » Mais surtout, elle reconnaît dans cette oeuvre un certain témoignage véridique de ce que put être le contexte d'alors, et une justesse dans l'aventure telle que racontée par Hergé, et entre temps légèrement corrigée. (illustration, avant et après)


« Aux temps anciens, lorsque ce livre a été écrit et que son créateur a été inspiré, effectivement, les Congolais ne savaient pas parler français. Jusqu'aujourd'hui, le Congolais n'est pas celui qui parle le mieux français. À cette époque-là, époque décrite dans l'ouvrage, effectivement, pour remettre le Congolais au travail ou tout simplement l'inciter à travailler, il fallait utiliser le bâton. Jusqu'aujourd'hui, dans certains milieux, pour envoyer les enfants ou les adultes au champ, il faut y aller par des méthodes fortes. »

Avant de conclure que l'action de M. Mbutu Mondondo était « un procès intéressé qui n'engage pas le gouvernement congolais ».