Le crépuscule des Dieux, O :: La malédiction de l'Anneau

Clément Solym - 02.08.2009

Manga/BD/comics - Univers BD - crépuscule - dieux - malédiction


Der Ring. Mouais. Inutile de décrocher votre portable, ni le fixe de la maison, rien n’a sonné. Le Der Ring, c’est la tétralogie de Wagner, qui comme son nom l’indique comporte quatre tomes, racontant l’histoire d’un anneau, des Walkyries, des Nibelugen etc. Un opéra qui dure une sacrée plombe, et qui a rarement été monté pour une intégrale – de peur que le public ne défaille.

Autrement dit, s’attaquer à ce chef d’œuvre nécessite d’avoir de solides gaillards pour que le rendu soit à la hauteur. Autant qu’un scénario bien ficellé pour tenir le lecteur en haleine. Pour faire vite, malgré le superbe travail d’Istin, qu’il ne s’agit pas du tout de négliger, c’est tout simplement magnifiquement réussi. Albéric, le Nibelung qui sculpta l’or du Rhin pour en faire un anneau maudit que les Dieux eux-mêmes convoiteront, incarne l’un de ces destins tragique et sublime, entre ambition et malédiction. Mais avoir le choix de son destin, et l’accomplir pleinement reste une forme de liberté…

Ce qui marque dès les premières cases, c’est la grandiloquence du dessin : le caractère épique prédomine, et c’est un souffle ample qui rugit entre les pages, depuis les fins fonds de l’empire abyssal des Nibelungen, jusqu’aux cîmes des Dieux. Et parfois en rasant les chaumières humbles des humains ignorant… Le Père de toutes choses, Wotan devra récupérer cet anneau pour l’offrir à des géants imbéciles, et combattra Albéric – un moment d’anthologie.

Avec un dessin et une couleur qui plongent dans une ambiance immense, des dialogues aux accents de tragédie, mais toujours empreints de noblesse, ce crépuscule des dieux est un bonheur pour les yeux, les oreilles… on regrette juste de ne pas pouvoir en croquer un morceau tellement c’est bon.

Attention, magnifique, certes, mais cela n’empêche pas quelques pains çà et là, ou des approximations dans les traits qui sont cependant très vite estompés, voire oubliés, dès que l’on est passé à la case suivante. D’autant que, pour le plaisir des yeux plus encore, on profitera des quelques artworks présents en fin de volume, présentant les esquisses et recherches pour le titre, histoire de prolonger le plaisir.

Inutile de vous faire souffrir plus encore, ce Crépuscule doit être dans votre bibliothèque, tant parce qu’il est envoutant de magie et de dessins que pour sa construction scénaristique impeccable. Un excellent tome, avec tout ce qu’il faut, là où c’est bon.

Le Crépuscule des Dieux, La malédiction de l’anneau, publié chez Soleil par Jarry, Istin, Djief, Lemercier et Mouclier pour 12,90 €. Un régal, mangez-en !