Le dessinateur de The Walking Dead fan inconditionnel... d'Astérix

Clément Solym - 12.08.2019

Manga/BD/comics - Comics - Walking Dead - Astérix Charlie Adlard - bande dessinée France


15 années de bons et loyaux services, en noir et blanc, rendus au monde des morts-vivants… Charlie Adlard n’a pas démérité, et lui sera assurément décernée une Cervelle d’Honneur pour son œuvre. Le créateur de The Walking Dead a décidé d’arrêter le zombie, pour tester sa polyvalence, assure-t-il.

Charlie Adlard - London Book Fair 2018
Charlie Adlard - ActuaLitté, CC BY SA 2.0


« Les gens pensent que, parce que tu as dessiné des zombies durant 15 ans, tu veux continuer à en dessiner », explique-t-il à la BBC. Il est vrai que les fans n’ont pas suivi leur idole, quand ce dernier a mis un terme à la série, le mois dernier. Abruptement, il faut le reconnaître.
 

Fini de manger du zombie


Avec Robert Kirkman au scénario, l’affaire roulait la pierre de Sysiphe — sans se poser de questions — mais tous deux avaient besoin de mettre un point final à tout cela

Les offres n’ont pas manqué : Marvel et DC Comics lui ont fait des appels du pied, mais Adlard n’avait pas vraiment le goût des super héros. En tout cas, l’offre de Marvel l’aurait replongé dans les zombies, et clairement, c’est non.

Chez DC Comics, il pourrait faire des couvertures… mais là encore, ça manque de panache. Comme une régression, après tant d’années à avoir produit ses personnages, que de travailler sur ceux d’un autre. 
 
Les prochains projets sont plutôt tournés vers… une inspiration française. De son point de vue, la BD franco-belge serait « la plus dynamique » qui soit. « J’aime leur approche, j’aime ce qu’ils font. Ils appellent cela, en France, le neuvième art, donc c’est vraiment très apprécié là-bas. »
 

Les dessinateurs, mieux considérés en France


D’ailleurs, ajoute-t-il, les dessinateurs sont plus respectés en France : « Aux États-Unis et au Royaume-Uni, actuellement et depuis 10 ou 15 ans, les scénaristes ont le pouvoir dans la bande dessinée. » Pas tout à fait : il aura fallu la jurisprudence Uderzo, que ActuaLitté avait dévoilé en exclusivité, pour qu’en janvier 2012, les dessinateurs soient, au même titre que les scénaristes, considérés comme des auteurs.

En effet, avant que n’intervienne le contrôle fiscal d’Albert Uderzo, le dessinateur n’était fiscalement pas considéré comme un coauteur, mais simplement… illustrateur. Il lui était alors réclamé un redressement de 20 % de l’ensemble des sommes perçues pour les albums publiés.

Au diable les détails, pour Adlard, l’affaire est entendue, depuis son regard britannique. L’injustice est criante outre-Atlantique comme outre-Manche, avec une approche qui « implique simplement que le scénariste serait la principale force créatrice de la bande dessinée, ce qui est totalement faux : ce devrait être les deux [auteurs] ». 

Mais le parallèle avec Uderzo ne s’arrêtera pas à de mesquines considérations fiscales : en effet, Charlie Adlard confesse une passion sans borne pour… Astérix. Il a d’ailleurs pris part à l’album marquant le 60e anniversaire de l’irréductible Gaulois, son « personnage préféré de tous les temps ».

Il assure même qu’Uderzo et Goscinny, avec les aventures d’Astérix et Obelix, ont entretenu sa passion pour la bande dessinée française. Et dessiner ce personnage fut un point culminant dans sa carrière. Un autre personnage de la BD franco-belge fascine Adlard, qui l'admet sans problème : Tintin, bien entendu...


© Charlie Adlard

 

Vampire, histoire et biographie ?


Son prochain travail sera justement en français, dans un univers d’horreur et thriller fun, Vampire State Building — avec des dessins encrés numériquement. « La plupart des gens bas de plafonds verraient probablement cela comme un manque d’imagination de ma part : je passe d’une bande des zombies à une bande de vampires. » D’autant que le vampire est également… un mort vivant. 

Mais le projet a su le séduire : le premier tome est sorti chez Soleil en avril dernier, et le suivant est prévu pour l’automne.

 

 
La suite, eh bien, elle dépendra des opportunités : une histoire biographique, pourquoi pas, un thriller façon Le nom de la rose, sur lequel il planche avec Robbie Morrison, et qui se déroule au temps de l’inquisition espagnole. Provisoirement nommée Heretic, la BD devrait garder son style graphique, mais lui offrir l’occasion de recherches dans les textures… 

Quant à un combo Astérix chez les zombies, il semble que Hachette Livre n’ait pas osé le proposer…


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