Le détective Dick Hérisson a perdu son créateur, Didier Savard

Joséphine Leroy - 07.07.2016

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Didier Savard, le créateur de la série de BD Dick Hérisson, est décédé à l’âge de 65 ans. Onze albums ont été publiés chez Dargaud. Touché par la maladie, Didier Savard n’a pas pu arriver au bout de la suite de son dernier album, L’Araignée pourpre, publié en 2004. 

 

 

 

Né en 1950 dans les Yvelines et mort ce 4 juillet 2016, Didier Savard était un scénariste et dessinateur BD qui avait été récompensé par le Trophée 813 de la Meilleure bande dessinée 1985 pour Les Voleurs d’oreilles, deuxième album de la série Dick Hérisson. Il avait également reçu le Prix Jeunesse (Alfred Jeunesse) du festival d’Angoulême pour Le Fantôme de Mandchou fou deux ans plus tard, en 1987. 

 

Il avait commencé sa carrière comme professeur d’anglais, occupant ce poste pendant dix ans, tout en publiant pendant son temps libre des dessins politiques pour Libération, Fluide Glacial, Survivre et vivre, La Gueule ouverte. En 1974, alors qu’un coup d’état frappe le Chili, il produit sa première BD, d’abord diffusée sous forme de feuilleton dans Libération et intitulée Le Fabuleux destin d’Augusto Pinochet (éd. Jean-Jacques Pauvert). 

 

La même année, il décide de quitter Paris pour Arles, en poursuivant des collaborations avec les journaux. Il publie en 1979 un recueil de ses dessins qu’il nomme Demain ça ira encore mieux. Il ne revient à Paris qu’en 1982, où il y rencontre le rédacteur en chef de Charlie Mensuel, Nikita Mandryka. Cette rencontre sera décisive puisqu’il proposera au rédacteur en chef le scénario de Dick Hérisson, une BD qui s’inscrit dans la lignée de Harry Dickson et Jean Ray. 

 

En 1984, L’ombre du torero, le premier album de la série, est publié par les éditions Dargaud. Un an après le premier volume de la série Dick Hérisson, il publie le deuxième, intitulé Les Voleurs d’oreilles, avant de rencontrer, en 1986, Jean-Claude Forest, créateur de Barbarella. Tous deux collaborent et imaginent les aventures d’un autre personnage, Léonid Baudragon, pour le magazine jeunesse Okapi. Le Fantôme de Mandchou fou, premier album de cette nouvelle série, est alors publié. 

 

Engagements politiques

 

Didier Savard était engagé dans divers combats politiques. En parallèle aux dessins de presse qu'il produisait régulièrement, il se servait de la BD pour la défense de différentes causes. En 1988, il réalise avec les détenus de la maison d'arrêt de Vars une bande dessinée,Vae Victis. 

 

Il monte en 1997 un projet avec Sophie Loubière. Le secret du coffre rouge deviendra un feuilleton radiophonique en cent épisodes diffusés sur France Inter. Deux ans plus tard, il réitère l’expérience avec Le Mystère de Mornefrange. Il poursuit cependant sa collaboration avec la presse écrite, et notamment avec Le Monde, en inventant une aventure qui parodie celles de Tintin. Objectif Monde récupère des scènes fameuses de la BD de Hergé pour les détourner. Le jury du Prix RTL 9 de l’année 2000 récompense son neuvième album de la série Dick Hérisson, Le 7e cri

 

Dick Hérisson, le détective à l’affût du moindre geste 

 

Onze albums seront donc consacrés au personnage de Dick Hérisson, ce détective typique des années 1930 qui ne se lasse d’aucune enquête. Facilitée par un journaliste débutant du Petit Provençal, Jérôme Doutendieu, l’enquête de ce détective terre-à-terre s’accompagne de petites touches fantastiques qui contribuent à l’originalité de la série BD. C’est aussi l’occasion de rendre hommage à deux régions qu’il affectionnait particulièrement : la Provence et la Bretagne. 

 

Didier Savard avait un large éventail de références BD. Il aimait Jacobs, Spirou et se sentait inspiré par des personnalités de la BD telles que Tardi, Floc’h ou Rivière. Son nom restera lié à celui de Dick Hérisson.