Le fauconnier de Gold Ring, premier manga des Emirats Arabes Unis

Clément Solym - 03.09.2013

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Gold Ring... cela sonne comme une demande en mariage, bien que le manga de Qais Sedki (scénariste) et Akira Himekawa (au dessin), ne soit en rien tourné vers ces choses. Pour arriver à ce livre, Sedki a ouvert sa propre maison d'édition, Pageflip, à Dubai, puis publié en juillet 2009 ce qui est aujourd'hui consacré comme le premier manga des Émirats Arabes Unis. 

 

 

 

 

Originellement, le livre avait été écrit en arabe classique, mais cela rendait les dialogues trop pénibles, de l‘avis même de l'auteur. C'est pourquoi Sedki s'est associé à Akira Himekawa, un nom de plume qui réunit en réalité deux femmes mangaka, A Honda et S Nagano. La forme devenant plus contemporaine, le livre connut un véritable succès, et reçut le prix du Sheikh Zayed en 2010, dans la catégorie littérature jeunesse. 

 

L'histoire est très ‘locale', si l'on peut dire : elle raconte l'histoire d'un jeune homme fauconnier. Le projet originel était d'inciter les jeunes enfants à lire l'arabe classique, et aujourd'hui Sedki est une star. « J'ai vu des enfants qui venaient à ma rencontre pour me dire qu'ils voulaient avoir un faucon. » Car en associant cette aventure pour adolescents avec un format « cool », celui du manga, l'auteur a capté toute l'attention du jeune public.

 

D'autant qu'il y a urgence à faire apprendre aux jeunes la lecture, et les intéresser à la langue. « Ils sont quasiment allergiques. Mais ils font une exception pour les manga. Vous ne perdez pas des points de ‘cool attitude' en lisant des manga », explique l'auteur, interrogé en marge d'une séance de dédicaces organisée à Dubaï.

 

A Honda, également présente, expliquait elle comment ce projet pu voir le jour. « C'est la première fois que nous avons fait quelque chose tiré de la culture arabe, et nous avons montré une vigilance toute particulière aux détails. Nous ne pouvions pas mettre un homme et une femme dans une même scène. Ils devaient être séparés par un mari ou leurs enfants. Il y a de grandes différences culturelles chez eux. »

 

Depuis trois décennies maintenant, l'animation japonaise est présente sur les téléviseurs, mais doublée en arabe. Les adultes d'aujourd'hui ont cependant baigné dans un monde de manga, quand ils étaient jeunes. La présence de ce manga qui fait le lien entre les deux cultures est une avancée considérable, estime l'auteur : mélangeant les deux mondes, il fait partager et apprendre. 

 

Le tome 2 du manga est sorti en mars 2012 aux Émirats Arabes Unis, et la première traduction en anglais vient tout juste de sortir. 

 

via The national