Le grand vizir Iznogoud arrive en format numérique : 21 tomes disponibles

Clément Solym - 24.12.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - Tabari Goscinny - Iznogoud calife - bande dessinée numérique


L'affreux, l'ignoble, l'horrible et microscopique vizir, qui rêvait d'être calife à la place du calife, arrive en numérique à l'occasion des fêtes. Les éditions IMAV, qui s'occupent déjà du Petit Nicolas, sortent 21 albums en format numérique, à travers les plateformes traditionnelles.

 

 

 

 

Premier méchant – et insupportablement voué à l'échec – à occuper le devant de la scène dans le monde de la BD franco-belge, Iznogoud a été créé par René Goscinny et Jean Tabary, en 1962, sur la base d'une formule hilarante. Dans l'Orient des Mille et Une nuits, calife bien grassouillet, Haroun El-Poussah, règne sur un peuple qui, en dehors du palais, meurt de faim, ou pas loin. Mais le calife est bon, et ne souhaite évidemment pas les souffrances de son peuple.

 

Dans ce contexte, le grand vizir, qui est tout petit, Iznogoud, épaulé par son homme de main, Dilat Laraht, va chercher tous les moyens possibles pour détrôner le calife. Et prendre sa place, avec cette formule aujourd'hui connue : « Je veux devenir calife à la place du calife. » 

 

Le tout s'articule sur des références contemporaines et totalement décalées, avec des jeux de mots de plus en plus crapuleux, et des situations totalement délirantes. Bref, Iznogoud a été un des fleurons de la BD, mais il faut reconnaître qu'elle périclite depuis qu'elle a été reprise par le fils de Tabar, Nicolas, et que ses différentes adaptations, au cinéma avec Michaël Youn dans le rôle du vizir, ou en dessin animé, n'ont pas été du meilleur goût.

 

« La série Iznogoud est née d'une façon spéciale : elle est curieusement issue du Petit Nicolas que je faisais avec Sempé. J'avais écrit une histoire où Nicolas était en vacances dans une colonie, avec un moniteur qui racontait des histoires aux enfants. Et il leur avait raconté l'histoire d'un méchant grand vizir qui voulait toujours devenir calife à la place du calife. C'était tout. Et, lorsqu'on nous a demandé une série à Tabary et moi pour la revue Record, j'ai pensé faire une parodie des Mille et une nuits, en prenant toujours le thème du vizir qui veut devenir calife et qui n'y arrive pas. Et puis j'ai décidé que là je m'abandonnerais à mon péché mignon de trouver les calembours les plus atroces », avait expliqué Goscinny dans un entretien au JDD, en octobre 1974. 

 

Reste que la BD débarque donc dans le monde numérique, avec les tomes 9 à 29 uniquement, pour 3,99 €, offre de lancement, jusqu'au 28 décembre. Autrement dit, fissa si on souhaite en profiter. Et si les huit premiers tomes ne font pas partie du lot, c'est simplement pour une question de droits numériques. Quant à l'arrivée en ebook, ce n'est certainement pas un luxe : on trouve des titres d'Iznogoud avec une grande facilité sur la toile, en version PDF contrefaites. Maintenant, est-ce que réellement Iznogoud connaît le même succès que jadis...

 

Le dernier opus sorti, Iznogoud président, avait été réalisé par l'imitateur Nicolas Canteloup, pour le scénario, et Nicolas Tabary, pour le dessin et publié en février 2012. Le personnage de Goscinny et Jean Tabary n'avait plus fait parler de lui depuis l'adaptation cinématographique de Patrick Braoudé en 2005. Un 29e tome qui n'a pas marqué les esprits. Canteloup avait tout de même eu cette remarque, pour raconter comment le personnage venait à lui : « C'est sorti comme ça ! Quand j'imite Iznogoud, une sorte de mélange se fait dans ma tête, entre une espèce de Villepin énervé, une pincée de Funès, avec l'ombre de Sarkozy qui plane… »