Le marché de la bande dessinée québécoise : 2015, année de croissance

Florent D. - 03.05.2016

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Au cours de l’année 2015, la bande dessinée québécoise a « poursuivi sa croissance », indique le rapport établi par Michel Viau, pour l’ACBD, section Québec. Avec 217 albums édités, le secteur augmente progressivement son offre – toujours répartie entre différents éditeurs spécialisés. Avec, pour 2015, l’inversion d’un mouvement spécifique : jusqu’à lors, la conquête des territoires historiques, France, Belgique et Suisse était stratégique. Si la langue aidait, les éditeurs québécois semblent avoir délaissé le Vieux Continent.

 

 

 

Si, depuis une quinzaine d’années, la tendance s’observe aisément, rares sont les maisons québécoises qui ont réussi cette migration éditoriale. Les Éditions La Pastèque seraient les seules à être réellement parvenues à effectuer cette transition. Or, en 2015, le marché de la BDQ s’est orienté vers la traduction en anglais, la vente de droits ainsi que la coédition. 

 

Plus que la proximité de la langue, c’est la proximité géographique qui a poussé à ce changement : le marché anglo-saxon du Canada et des États-Unis semble « plus attrayant et plus ouvert ». Plusieurs maisons ont inauguré leur filiale anglaise, et chez les auteurs autopubliés, on propose aisément ses ouvrages dans les deux langues.

 

Concernant les droits, la tendance « n’est pas nouvelle », indique le rapport. « Ce qui est nouveau, en 2015, c’est que des éditeurs québécois vendent les droits de leurs albums à un éditeur francophone européen. » Un simple exercice de réimpression suffit.

 

Enfin, la coédition euroquébécoise est devenue la grande orientation de l’année passée. « Un album se trouve publié par deux éditeurs — un européen et un québécois — que chacun exploite sur son territoire. Ainsi, des romans jeunesse québécois, adaptés en bande dessinée en Europe, sont coédités par Kennes (en Belgique) et Les Malins (au Québec), ou encore Pow Pow publie pour le Québec un ouvrage de Lewis Trondhein paru en France à L’Association. »

 

En chiffres, l’année 2015 représente 

 

  • 194 albums publiés au Québec par 56 éditeurs et 23 albums autopubliés.
  • 166 albums français (76,4 % de la production) et 49 en anglais (22,6 %) de la production
  • 5 éditeurs (Drawn & Quarterly, Presses aventures, Michel Quintin, La Pastèque et Scholastic Canada) se partagent à eux seuls 40,5 % de la production. 
  • 60 albums sont des traductions (27,6 % de la production). 38 albums en français soit 22,9 % de la production francophone.
  • 61 albums sont réalisés par des auteurs étrangers (28,1 % de la production), tandis que 9 albums sont des collaborations entre auteurs québécois et étrangers (4,1 % de la production). 
  • 29 albums numériques sont mis en ligne en 2015 (13,4 % de la production). De ces albums, 17 n’ont qu’une édition numérique (6,4 % de la production), tandis les 12 autres ont une double édition papier et numérique. 
  • 124 albums s’adressent au lectorat ados-adultes (57,1 %), mais seulement 81 albums en français (48,8 %). En parallèle, 142 albums sont humoristiques ou teintés d’humour (65,4 % de la production), dont 114 albums en français (68,7 %).
  • De plus, des scénaristes et/ou des dessinateurs québécois ont participé à 52 albums publiés à l’extérieur du Québec (38 en Europe et 14 aux États-Unis). 
  • Enfin, 31 albums sont des rééditions ou des reprises sous la forme d’intégrales ou de coffrets. 

 

Dans le domaine strictement numérique, on constate que seuls 7,8 % de l’offre est strictement digitale, et les éditions Mém9ire semblent guider le marché avec 9 titres qui représentent 53 % de la production. Groovie éditions suit avec 6 titres. 

 

Des 17 albums numériques parus en 2015, 14 sont en français (82,3 %), deux en anglais (12 %), et un dans les deux langues (5,9 %). Signalons qu’en 2014, dix albums numériques avaient été publiés, dont un seul exclusivement numérique. Il s’agit donc, en 2015 d’une augmentation de 1600 % de l’édition exclusivement numérique ! 

Ces livrels visent principalement les lecteurs ados/adultes avec près des deux tiers de la production (11 albums, soit 64,7 %), tandis que les albums tous les publics (6 albums) ne représentent que 35,3 %. Toutefois, si nous étudions la production par langue de publication, nous remarquons que 57 % de la production francophone est destiné aux lecteurs ados/adultes (8 albums), tandis que 42,8 % s’adressent à tous les publics (6 albums). Du côté anglophone, 100 % de la production vise les lecteurs ado/adultes. 

 

 

Le rapport est disponible dans son intégralité ci-dessous :