Le piratage de bandes dessinées : évolutions des genres

- 27.01.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - piratage de BD - évolutions du scanner - comics


Le magazine BDZmag, qui « cause de bulles et de pixels » vient de diffuser son nouveau numéro hors série. Il est possible de le consulter intégralement sur la plateforme de lecture ISSUU. C'est un dossier spécial consacré au piratage des bandes dessinées que l'on pourra découvrir. Le sujet est bien évidemment sensible, mais traité avec intelligence : il ne s'agit aucunement d'inciter au partage ni au piratage, mais de dresser un état des lieux. ActuaLitté vous propose d'en découvrir quelques extraits, tout au long de la semaine. En avant !

 

 

 crâne de pirate

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Les formats les plus répandus sont le CBR, le CBZ et le PDF ; ce dernier est le format des néophytes. Les deux premiers sont les formats des BDz par excellence. Simples à concevoir (ce sont simplement des archives au format RAR ou ZIP contenant des images), de nombreuses applications gratuites permettent de les lire. Interopérables, ils sont en passe de devenir le MP3 de la bande dessinée numérique. 


BD franco-belge

 

La résolution de base la plus répandue pour les nouveaux scans est le 1920 pixels de large. Les anciens scans de 1280 existent toujours même si on note que de nombreuses séries sont rescannées en 1920. Depuis peu, quelques scans de 2560 pixels de large fleurissent sur la toile. Ils ont contre eux le fait d'avoir un poids conséquent.

 

La qualité des scans est lisible à 99 % pour les textes. Mais rappelons qu'une BDz n'est pas un ebook. La qualité du dessin est essentielle ; le rendu et les couleurs aussi sont importants. Le pourcentage des BDz respectueuses des couleurs et vierges de toutes autres imperfections qui rendent la lecture pénible se réduit à 20 ou 30 %.

 

Petite explication technique, en numérique pour que le rendu des couleurs soit le plus près possible de la nuance souhaitée on utilise un profil de couleurs. Ainsi, le profil de couleurs du fichier qu'on veut lire, s'il existe, va indiquer au gestionnaire des couleurs comment restituer celles-ci sur l'écran. Pour que cela fonctionne vraiment on suppose que l'écran est calibré et que le logiciel de lecture est en mesure de lire ce profil, directement ou via le gestionnaire de couleurs du système d'exploitation.

 

Pour la majorité des gens, cela se gère automatiquement avec plus ou moins de succès. Les professionnels par contre utilisent un spectrocolorimètre pour mesurer les couleurs de l'écran et modifier le profil de celui-ci en conséquence afin d'arriver au plus près d'un espace normalisé couvrant le spectre visible par l'œil humain. Bref, ce n'est pas évident surtout qu'il n'existe pas de tels outils pour tablette et que même une tablette de bonne facture offre des variantes parfois importantes.

 

Comics en français

 

La résolution des comics varie autour de 1024 pixels de large pour les plus anciens, même si les scans récents sont en 1920 pixels ; le 1680 pixels correspond au standard pour le comics.

La quasi-totalité est lisible. Au lieu de dire très bonne qualité, je dirais qu'il y a du bon et du moins bon...

 

Manga en français

 

Dans le manga, les teams privilégient la quantité à la qualité, ce qui donne des scans bruts, juste lisibles dans la grande majorité des cas, avec des tailles d'image allant de 1 000 pixels environ pour la simple page à 2000 pixels pour les doubles pages sans aucune retouche ou si peu (pour le gros de la production, les albums sont scannés double-page ouverte sur la vitre).

 

Question candide...

 

Ce constat intéressant soulève une question : ce que télécharge ou achète l'internaute correspond-il à l'œuvre voulue par l'auteur ?

 

En ce qui concerne le dernier point, il me semble que l'auteur se contente de ce que l'éditeur veut bien lui offrir comme qualité d'impression. Par exemple, très peu d'albums sont imprimés avec une trame stochastique ou aléatoire, procédé d'impression qui offre un rendu bien supérieur à la trame classique, mais revient plus cher, car la majorité des imprimeurs ne le maîtrise pas. En soi, c'est l'expertise qui manque, le coût matériel étant le même.

 

Au niveau numérique il y a aussi plusieurs facteurs à prendre en compte, la qualité des écrans varie énormément que ce soit pour le rendu des couleurs, la luminosité ou résolution. En soi, une version numérique ne va jamais correspondre au choix de l'auteur. Il devra faire avec...

 

 

NB : Il est important de préciser que cette évaluation a été faite sur un ensemble de scans récupérés au cours des trois mois qui ont précédé ce dossier, avec des critères assez sévères. Cependant, la grande majorité des internautes est incapable de voir des différences sans avoir la possibilité de faire la comparaison avec l'album papier.