Le rêve de Jérusalem, L'épreuve divine, tome 4

Clément Solym - 12.04.2008

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Disons-le tout de suite, ce tome deux ruisselle de sang et de larmes plus que jamais. La croisade emmenée par le Seigneur Karlis, le Live Noir, sous couvert de la bénédiction du Basileus de Constantinople entraîne plus long dans la folie de la guerre les troupes et les hommes. Pieds du Diable, à la fois homme de confiance, traducteur et mystique faiseur de miracles n'en fait, lui, qu'à sa tête. Cela lui coûtera le fouet, et le retour de ses cauchemars.

Mais la politique a repris ses droits et les alliances jadis passées se défont plus vite que le vent n'efface les pas des chevaux sur le sable. Antioche est la prochaine destination des Croisés, et accompagnés des Tafurs, troupes que dirige la PrincesseKalia, ils se lancent dans des batailles sanglantes.

Répétons-le : cette BD est effectivement un mélange de violence pure, d'amour et de foi. Si le dessin de Lionel Marty se révèle écorché, brut (abrupt ?) et sinistre (avec quelques rares imprécisions), son trait est en revanche puissant et ferme quand il s'agit de déchaîner la fureur des combattants. Les scènes de combat sont d'une violence rare et particulièrement précise. Les bras sont tranchés, les corps découpés, parfois avec un réalisme dont on pourrait douter, mais dont on ne doute pas. Simplement parce que ces excès tombent sous le sens, et s'intègrent parfaitement à la démesure qui plane au-dessus de tout ce tome. Et pour combler le tout, les couleurs d'Isabelle Merlet, dans une atmosphère souvent ocre qui offre aux déserts des accents plus tragiques encore, sont terriblement efficaces.


Pour ce qui est du scénario et des dialogues, on ne s'ennuie pas vraiment. C'est riche complet, comme peut l'être un récit épique teinté de miracles. Voire un peu plus justement, et c'est là que l'on accroche vraiment. Ce n'est pas une réécriture historique au sens strict, et mieux encore, on en savoure les cases dénuées de toute parole, bien que certaines soient assez inutiles. Quant à la police, elle est à la hauteur du dessin : brutale.

Autrement dit, ce second tome vaut ses 13 €, et la collection Empreintes de Dupuis s'enrichit là d'une bonne, très bonne BD.