Le système Sandawe pallie des défaillances de l'édition traditionnelle.

Nicolas Gary - 28.01.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - financement participatif - sandawe - maison d'édition


C'est inédit, et annonciateur d'un changement d'époque. La plateforme de financement participatif Sandawe vient d'accueillir quatre auteurs dont les noms ne manqueront pas d'éveiller la curiosité. Deux projets ont été lancés sur la plateforme, le premier de Darasse et Tome, Les Minoukinis, Bronzage intégral. Le second, de Ridel et Cauvin, Le bâtard des étoiles. Cauvin et Tome, sont aujourd'hui deux scénaristes qu'il n'est plus nécessaire de présenter. Et les dessinateurs avec lesquels ils travaillent ne sont pas en reste.

 

 

 

 

Patrick Pinchard, fondateur de Sandawe, joint par ActuaLitté, se réjouit bien entendu de cette collaboration. « Quand nous avons créé Sandawe, en novembre 2009, la production était de 4800 BD. Aujourd'hui, on en compte plus de 5100 pour 2013. La production est immense, mais le public BD reste stable, et avec une production qui augmente, ce sont les tirages qui diminuent. Et par conséquent les avances versées aux auteurs. » 

 

Précisons qu'en 2012, c'était 5327 titres qui avaient été produits, et que, pour la première fois, la production BD a diminué en 2013. « Aujourd'hui, les éditeurs passent de plus en plus par des forfaits, alors que les auteurs étaient auparavant payés à la page. J'ai même connu une époque où les pages étaient achetées pour des prépublications, puis en albums. » C'est dans ce contexte que Sandawe accueille les quatre auteurs, pour des projets de financements participatifs.

 

"Il faut noter que le système pallie des défaillances de l'édition traditionnelle. De plus en plus de séries sont arrêtées prématurément, parfois même au tome 1"

 

 

Sandawe n'est pas une simple plateforme de crowdfunding : c'est avant tout une maison d'édition de BD communautaire, qui a décidé de s'appuyer sur les concepts du web 2;0. 

 

« Il faut noter que le système pallie des défaillances de l'édition traditionnelle. De plus en plus de séries sont arrêtées prématurément, parfois même au tome 1; nous offrons l'opportunité de les poursuivre comme c'est le cas pour Big K. Des séries anciennes sont retirées des catalogues : nous pouvons les rééditer en intégrales “augmentées” (comme Lance Crow Dog ou les Minoukinis). Les éditeurs traditionnels deviennent de plus en plus timorés et beaucoup de projets sont refusés alors qu'ils sont pourtant de qualité. Sandawe peut leur donner une chance d'exister - ce fut le cas pour Maudit Mardi!, Joseph Carey Merrick ou encore Mourir nuit gravement à la santé. Et même l'extraordinaire Sara Lone. »

 

En outre, par le système des projets libres, la maison va permettre à des auteurs de projets plus "confidentiels" de s'éditer. « Étant adossés à une maison d'édition, contrairement à tous les autres sites de crowdfunding, nous pouvons leur donner des conseils, les aiguiller, effectuer des prestations pour eux, etc. Mais ces projets libres s'ouvrent à d'autres types de créations que les albums, tant que les projets sont liés à la bande dessinée : objets d'art (sérigraphies, statuettes, etc.), festivals et salons, expositions, médias BD, création numérique, etc. »

 

« Les contrats ne sont pas imposés aux auteurs, mais adaptés avec eux. Nous sommes partis de contrats standards de l'édition au départ et, au fil des projets, nous les adaptons progressivement, suite aux suggestions des auteurs. Dans les derniers, par exemple, nous ne leur demandons pas de céder tous leurs droits pendant toute la durée de leur propriété intellectuelle, soit leur vie plus plusieurs générations, mais nous fixons une durée raisonnable, qui varie en fonction du projet. De même, contrairement à l'ensemble de la profession, les droits sur le numérique ne sont pas de 10%, mais nous partageons 50/50 avec l'auteur. »

 

Patrick Pinchard souligne que, dans le cas de Tome, « c'est un choix libertaire qui a guidé sa conduite ». Échaudé par ses relations avec les éditeurs, l'auteur déplore que l'on accorde de moins en moins de place aux créateurs dans les prises de décision. « Avec nous, il a souhaité montrer qu'il pouvait faire autrement, sans contrat le liant à une maison, ni cession des droits sur les oeuvres. Mais surtout, Tome regrette le manque d'attention que son oeuvre mériterait. Et lui par conséquent. »  

 

Retrouver notre entretien avec Raoul Cauvin et Curd Ridel : "C'est l'ordinateur qui décide tout."


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