Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Le western (presque) non-violent, avec supplément chili con carne

Clément Solym - 03.07.2011

Manga/BD/comics - Univers BD - homme - aimait - pas


Dans ce grand ouest de cowboy, de chicanos et de traversée sur les rails du territoire, les plus belles histoires d'amour peuvent voir le jour. Même en plein désert, dans les nuits glacées peuplées de loups ou de coyotes. Sauf que les pires histoires tirent aussi leurs racines de ces mêmes espaces…

Pourtant, c'est là qu'un bagagiste s'est embarqué, succombant sous les charmes d'une pulpeuse rousse. Pas de chance : le contrôleur n'est pas convaincu par son histoire et le débarque manu militari. Un malheur n'arrive jamais seul : une bande de pillards mexicains prend le train d'assaut, et rançonne les voyageurs.

Notre jolie rousse décide de négocier : elle a une affaire en or à proposer à ces hors-la-loi. Et des plus juteuses.

En parallèle, un notable anglais, accompagné d'une brute épaisse, au vocabulaire particulièrement limité, parcourt les étendues désertiques… à la recherche justement de cette petite rousse. Elle a dérobé un document essentiel pour l'histoire des États-Unis, et les deux hommes, décidés à le reprendre, ont également un léger différend à régler avec elle. Et pour ce faire, ils disposent d'un bâton de dynamite qu'ils comptent lui insérer à l'endroit où Margot a péché… Histoire de disperser aux quatre coins du désert son joli petit cul.

Western quasi spaghetti, avec supplément vins du Vieux Continent, et chili con carne, L'homme qui n'aimait pas les armes à feu profite d'un scénario honnête pour mettre en scène des personnages grotesques, qui se traquent ou se fuient.


Loin de tout réalisme, le dessin accentue plus encore leurs frustrations diverses, au point que Margot ressort comme une rose au milieu de ronces. Mais après tout, au royaume des aveugles, n'est-ce pas…


Allez, on laisse le reste aux charognards. Si l'on rentre facilement dans cet univers scénaristique, les réticences viendront probablement du dessin justement. Mais pour la colorisation, elle devrait tout de même faire l'unanimité.

L'homme qui n'aimait pas les armes à feu, Tome 1, Chili Con Carnage
, chez Delcourt, de Wilfrid Lupano et Paul Salomone, et couleurs par Lorenzo Pieri.