Les adeptes de DC séduits par l'édition numérique

Clément Solym - 13.02.2012

Manga/BD/comics - Comics - DC Comics - New 52 - édition numérique


DC comics a profité du dernier salon ComicsPRO de Dallas pour révéler les résultats d'une vaste étude de marché réalisée par A.C. Nielsen. Les sondages, menés dans les boutiques, en ligne et auprès des acheteurs du comics numérique "New 52" font apparaître une cohabitation paisible du papier et du numérique, et un poids grandissant dans les ventes de ce dernier.

 

Le PDG du site d'info culturel ICv2, Milton Griepp, avait joué au petit jeu des prédictions en misant sur une année 2011 « décisive pour le numérique ». Les chiffres lui ont donné raison : le marché du comics américain a été estimé à « 25 millions de dollars l'an dernier, soit allégrement le triple de ce qu'il était en 2010. Et encore ce n'est que le total pour les ventes en langue anglaise » (voir notre actualitté)

 

Et DC Comics compte bien profiter de ce nouveau champ commercial, d'autant plus que l'année 2011 s'est avérée désastreuse sur le plan des ventes de comics, « en chute depuis octobre 2010 jusqu'en juillet 2011 (inclus) ». (voir notre actualitté) pour l'instant, la stratégie paye plutôt bien, puisque l'application ComiXology permettant d'accéder aux titres numériques s'est retrouvée en seconde position des téléchargements de l'Apple Store, tandis que Justice League caracolait en tête des ventes.

 

Le catalogue des titres "New 52"

 

Les résultats du sondage mené auprès des acheteurs de la collection "New 52" informent d'abord sur les lecteurs eux-mêmes, à 93 % masculins, majoritairement âgés de 18 à 44 ans (2% seulement des personnes interrogées ont moins de 18 ans) et pour moitié membre de la middle-class américaine, avec des revenus inférieurs à 60000 $ par an. Du côté des pratiques de lecture, on notera que la moitié (57 %) des acheteurs des versions numériques investit également dans le papier, alors que les habitués du papier sont seulement 16 % à adopter le comportement inverse.

 

John Rood, vice-président des ventes et du marketing chez DC Comics, a qualifié les conclusions de l'enquête de « base de travail » pour les prochaines parutions. « Ce qui nous laisse penser que l'édition numérique est « additive », ce sont les résultats des ventes des mois pendant lesquels l'enquête a été menée. [...] Le pourcentage des ventes numériques est resté le même, ce qui montre bien que les comics numériques ne causent aucun préjudice à l'impression »

 

Si les résultats de l'étude sont plutôt encourageants, il faut bien signaler que celle-ci est légèrement biaisée, puisque 5% seulement des participants ont déclaré être de nouveaux venus dans le monde des comics. Deux conclusions : la série "New 52" n'a pas vraiment attiré de nouveau public, et l'édition numérique comme phénomène « additif » n'est peut-être limitée qu'aux vieux de la vieille du comics. 

 

Ces derniers ne sont d'ailleurs pas tout sourire face à la conversion numérique des classiques, regrettant un prix d'achat prohibitif, le nombre restreint de plateformes de distribution, et surtout le fait que les éditeurs réservent pour l'instant la voie du numérique aux « plus vendeurs », au risque de délaisser la création originale et les jeunes auteurs.