Les chemins de Vadstena : la Dame Blanche sévit encore

Clément Solym - 01.08.2009

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Pendant les veillées autour du feu, parmi les histoires effrayantes qu’on racontait en jouant avec l’ombre des flammes, à coup sûr la Dame blanche faisait son apparition. En parole d’abord. Puis dans vos rêves, et dans les couloirs sombres de votre enfance. Tremblez, mortels, elle revient en BD.

Une bande de potes fêtent dignement la nuit du Midsommar, non loin de la petite ville de Vadstena, en Suède. Le programme est simple : une murge à faire pâlir les élans à des kilomêtres à la ronde pour un mal de cheveux matinal assuré. Seul Marcus se tient à l’écart, préférant ruminer les malheurs de sa vie en engloutissant des canettes de bière à deux pourcents. Devant les récriminations de ses amis, Marcus préfère ramener sa morosité et son état alcoolique avancé jusqu’à Linköping, sa ville. Savant cocktail pour un accident garanti.


Au réveil, le corps couvert de contusions, un œil enflé sous le choc de l’accident, il s’interroge. Suis-je le seul à avoir vu cette autostoppeuse ? Les pompiers n’ont pas trouvé trace d’un passager dans la voiture. La certitude d’avoir vu cette fille, de lui avoir parler et de l’entendre encore lui dire « Vous reviendrez bientôt. », le plonge dans un tourment d’angoisse, une spirale de démence. Cette course à la vérité, qui lui fait perdre la confiance de ses amis, le mène droit vers les lieux du doute : Vadstena. Et pas pour le meilleur.

One-shot angoissant, comme tous les albums de la collection Hanté, ces Chemins de Vadstena offre au lecteur une histoire singulière inspirée d'une des légendes urbaines les plus connues. Les deux auteurs se sortent assez bien de cette commande à contrainte en livrant une BD soignée tant au niveau des dessins que de du scénario. Centrer l’histoire sur le personnage torturé de Marcus est un choix judicieux qui donne un rythme et une profondeur intéressants.

On est étonnamment surpris de la qualité des dessins, reflet d’une réelle implication de la part Thibaud de Rochebrune. Il n’a pas pris ce travail à la légère. Le trait et propre et se marie bien avec une mise en couleur à dominante sombre et paradoxalement lumineuse. On aimerait bien qu’il s’abandonne à des productions plus personnelles, pour voir sa plume s’exprimer au mieux.


Sans rester dans les annales de la bandes dessinées pour l’année 2009, cette BD séduira par sa qualité.

Après, on aime les histoires de Dames blanches, ou pas…

Les Chemins de Vadstena, de Runberg et De Rochebrune, publié chez Soleil, 12,90 €