Les démons n'ont définitivement pas le monopole du contrat foireux

Florent D. - 03.07.2014

Manga/BD/comics - Comics - Templesmith - anges démons - mort crimes


Retrouver Templesmith, c'est prendre une bière avec un vieux pote, toujours un peu sombre, et doté d'un humour furieusement noir. Comme tous les vieux potes, on aime prendre de ses nouvelles, et l'entendre raconter ses histoires. Le problème, c'est qu'en rentrant chez soi, on hésite à éteindre les lumières, et même à s'endormir. Templesmith, c'est un vieux pote que l'on voit de temps à autre. Avec plaisir, mais modération. 

 

 

 

 

Branle-bas de combat chez Delcourt : on a trouvé un croisement entre John Constantine, cet homme qui parle avec les démons, et un ancien tueur à gage - on dit Homme de main, dans le milieu. Joe Fitzgerald ne porte pas simplement le nom d'un président américain assassiné : il a aussi ses propres démons et notamment la mort de sa femme, qu'il porte comme un fardeau infini.

 

Chaque soir, il revient dans un bar, où il rencontre ses futurs clients, pour des services aux demandes toujours... délicates. Voire inédites. C'est que Joe est en relation avec des forces puissantes, le Bien et le Mal, pour schématiser, mais il a des échanges particuliers.

 

C'est qu'avant de prendre sa retraite, il avait accepté un dernier contrat. Il avait promis à Laura, sa femme, de tout raccrocher, mais ne pouvait pas savoir que son dernier meurtre serait celui d'un homme très impliqué dans l'univers de la démonologie. Et non seulement le bonhomme n'est pas mort, mais surtout, il s'est vengé, blessant mortellement Joe, et tuant Laura sur le coup.

 

À ce moment, une force angélique est intervenue. Eh bien figurez-vous que le diable n'a pas le monopole des contrats tordus !

 

Et voilà que ce soir-là, une jeune fille vient le voir, et lui présente la photo d'un gourou de secte dans laquelle s'est retrouvée sa soeur. Et, bien sûr, c'est le même type que Joe retrouve. Comment renouer avec ses vieux démons, au sens strict ? Facile : remonter la piste d'un type vraiment pas clean. Après tout, pour mourir en juste, et peut-être retrouver Laura au paradis, il faut accepter quelques concessions.

 

Je vais vous la faire simple : je ne donnerai pas mon avis sur ce titre. D'abord, parce qu'il n'en a pas besoin : il suffit de regarder les super stars qui ont signé ce comics, pour se convaincre que l'on est dans le domaine de l'excellence. Mais surtout, on ne juge pas un vieux pote, ses histoires et ses angoisses. Et Templesmith est un vieux pote, pour lequel je garde une profonde affection.

 

Je vais juste préciser que Charon, le passeur du fleuve des enfers, le Styx, fait ici une apparition remarquable, drôle et insolite. Et que ce petit moment de plaisir sur trois pages est tellement jouissif, qu'il suffit à donner envie de se précipiter sur l'ensemble.

 

D'amour et de mort, T1, chez Delcourt, à retrouver en librairie