Les familles russes pressent Poutine de bannir Death Note

- 26.04.2013

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Le musculeux Président de la fédération russe a cultivé l'image d'homme fort aux valeurs traditionnelles inébranlables : judoka, traqueur de terroristes « jusque dans les chiottes », comme il l'avait déclaré après la tragédie de Beslan, cette fois le chef de l'exécutif pourrait devenir le censeur des programmes pour enfants.

 

 


 

 

Dans une lettre ouverte expédiée mercredi, l'organisation des parents du district de l'Oural a fait savoir à Vladimir Vladimirovitch Poutine son inquiétude face à l'influence d'un manga sur leurs enfants. Pas n'importe lequel, puisqu'il s'agit de Death Note, manga d'Obata et Ôba déjà étrillé par plusieurs organisations familiales et éducatives. A l'origine de ce nouvel appel à la censure, un fait divers des plus malheureux.

 

Selon les médias locaux, l'appel de la fédération des parents de l'Oural trouve sa source dans le suicide d'une adolescente d'Ekatérinebourg. La presse régionale relate que la jeune fille âgée de 15 ans a sauté par la fenêtre de son domicile situé au 13e étage d'un immeuble. La police a découvert sur les lieux du drame un message sybillin « Je ne peux plus vivre », lourd de sens et sujet à psychose en raison de la présence de quatre tomes de la série japonaise à côté du mot de la défunte.

 

Clairement destiné à un public averti, Death Note avait déjà crée une vague d'interdiction en Chine, ainsi qu'une réelle psychose à Taïwan lorsque des écoliers s'étaient amusés à inscrire le nom de camarades dans des carnets à la façon du personnage principal de la fiction. De quoi faire tirer des conclusions fort rapides à la radio Voice of Russia.

 

Dans un article, le média met en lien l'épidémie de suicide chez les jeunes russes avec l'effet des mangas sur leur psyché. Déjà en novembre 2012, le Daily Mail avait relayé le suicide d'un jeune russe de 14 ans qui aurait attenté à sa vie après avoir constaté la mort d'un personnage de la série Naruto Shippuden, titre qui n'est pas particulièrement réservé aux adultes. Mais ce serait probablement trouver un épouvantail rapide à la mortalité infantile. La Russie s'illustre tristement par un taux de suicide parmi les plus élevé du monde. Le troisième, tout juste derrière deux anciens satellites soviétiques, la Biélorussie et la Lituanie ou le Kazakhstan selon les années.

 

Dans cette série déclinée par la suite en série animée et en film, le récit se concentre sur un jeune garçon qui entre en possession d'un sinistre carnet grâce à une entité démoniaque. Tout nom inscrit sur les pages est voué à mourir d'une crise cardiaque ou selon un autre mode opératoire s'il est mentionné. Dans un premier temps, le jeune garçon commence à nettoyer le monde des humains les plus scélérats, avant de servir ses propres intérêts.