Les fans de Tintin poursuivis par Moulinsart : contrefaçon, encore

Clément Solym - 04.08.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - Tintin justice - Moulinsart contrefaçon - procès Belgique


Il ne fait décidément pas bon d'apprécier Tintin, Hergé et les univers du reporter. La société Moulinsart a encore frappé, en assignant en justice le Hergé Genootschap, La Société Hergé, qui doit comparaître ce mardi. Lui est reprochée l'utilisation des vignettes et de cases tirées des BD, sans l'autorisation expresse de Moulinsart. 

 

 

 

 

Ce qui est avant tout un fan-club, rendant de multiples hommages aux oeuvres d' Hergé, est accusé de violation du droit d'auteur dans le cadre du procès intenté par Moulinsart. L'affaire dure depuis 2009, et plus tôt cette année, le tribunal avait encore statué en faveur de Hergé Genoostschap.

 

En effet, au cours d'une séance de février 2014, le tribunal de La Haye avait considéré que Moulinsart n'avait pas fourni suffisamment de preuves pour étayer la thèse de la contrefaçon. Un accord signé en 2000 autoriserait en effet l'exploitation partielle et minutieuse des extraits - document dont Moulinsart conteste l'existence.  

 

Et de réclamer des dommages-intérêts pour la publication de cases, avec le risque de devoir verser 100.000 € dans le cadre de la procédure. Moulinsart a toujours affirmé que la société se servait de manière illégale des personnages et des dessins de Hergé, dont Nick Rodwell est devenu l'ardent défenseur. 

 

Demain, Moulinsart fera examiner, en appel, une injonction provisoire interdisant le recours aux images liées aux oeuvres d'Hergé. (via Telegraaf)

 

Au cours de l'année, Moulinsart avait fait s'abattre les foudres du DMCA, en faisant supprimer les cases utilisées par un Tumblr, Le Petit XXIe, qui illustrait l'actualité avec des dessins tirés des albums. Une vague de colère s'était emparée des réseaux, qui avaient largement fait part de leur exaspération vis-à- vis des ayants droit.

 

Les journalistes à l'origine du Tumblr avaient déploré que la décision de Moulinsart était « bien de contrôler tout usage de ses personnages, de ne faire aucune exception afin de protéger sa très rentable utilisation commerciale ». Mais pas de chance pour eux : l'affaire Bob Garcia avait été mise en avant. L'homme avait publié un ouvrage avec cinq cases tirées de Tintin, et perdu son procès avec 48.000 € de dommages-intérêts à verser pour contrefaçon. Et dans cette autre affaire, il avait été reconnu qu'une case vaut bel et bien une oeuvre entière dans le cas de l'oeuvre d'Hergé.

 

Inédit...