Les Fous du volant : des courses bon enfant au reboot version Fury Road

Nicolas Gary - 11.07.2016

Manga/BD/comics - Comics - fous volant dessin animé - Hanna Barbera - BD Mad Max Fury Road


DC Comics a décidé de moderniser des dessinés animés de Hanna-Barbera, et de les publier sous la forme de comics. Un véritable retour vers le futur, avec un pied dans les années 60-70 et un trait graphique bien contemporain. Parmi ces nouveautés, on retrouvait les Pierrafeu, série d’animation qui se déroule dans une sorte d’Âge de Pierre, ainsi que Scooby-Doo, le chien froussard et son équipe d’enquêteurs. Mais la rédaction souhaitait accorder une place toute particulière aux Fous du Volant... 3... 2... 1... ILS SONT PARTIS !

 

 

 

Wacky races, en version originelle, est sorti sur les écrans de télévision américains en septembre 1968. Production déjantée de William Hanna et Joseph Barbera, la série a donc subi le même lifting que Les Pierrafeu et Scooby-Doo. Dans Les Fous du volant, on retrouvait onze véhicules tous plus improbables les uns que les autres, engagés dans une course frénétique : objectif, courir, plus vite, doubler les concurrents, et remporter une victoire sur on ne sait quoi.

 

Et dans cette troupe de joyeux drilles, on retrouve Diabolo, chien sarcastique et résigné, et son copilote, Satanas : leur unique vocation est de tricher pour remporter les courses. Mais en dépit des trésors d’imagination déployés pour y parvenir, jamais ils ne franchiront la ligne d’arrivée en tête. 

 

Pour commenter chacune des courses, un narrateur – l’acteur, metteur en scène et parolier Robert Marcy pour l’admirable voix française – intervient ponctuellement pour soutenir l’action. Jamais en manque d’ironie ni d’émerveillement, il a toujours sur les deux affreux un regard presque compatissant. 

 

Si l’humour est la vertu première de cette série, son intérêt réside dans la totale inanité de ces luttes pour la première place. On n’oserait conférer trop de philosophie aux Fous du volant, mais, tout de même, toute la vanité de l’existence humaine s’y retrouve, avec délice. 

 

 

 

C’est donc revus et corrigés que ces affrontements à coups de bolides délirants reprendront du poil de la bête. Les comics originaux en souffriront certainement, tant les dessins étaient marqués par l’époque. Mais tous les personnages se retrouvent sur une planète dévastée par un armageddon cette fou. Plus orienté version Mad Max, on y retrouvera des lacs radioactifs, des tempêtes du désert truffées de nanotechnologies, des terrains vagues vachement étranges, ainsi que des mutants cannibales.

 

Évidemment, il ne peut y avoir qu’un seul survivant et un seul gagnant... Le carnage peut démarrer, sans aucun scrupule.

 

Dans cette nouvelle version, pas certain que l’humour soit tout autant au rendez-vous, mais les amateurs d’univers post-apocalyptique sans Kevin Costner devraient y trouver leur compte. Créatures biomécaniques et corps mutilés, voire greffés, se retrouvent dans un monde où le désert abrite des monstres rampant peu commodes. 

 

Alors certes, on a perdu le décalage barré de la série originelle pour donner un coup de fouet total : les blagues potaches, mais éternelles sont remplacées par un univers hostile, et la légèreté des courses par des affrontements mortels. On est passé d’une série pour les petits, à un comics pour ados, laissant loin derrière soi l’esprit bon enfant qui prédominait. 

 

Le Wacky Raceland est relancé, le vainqueur sera celui qui survivra, dans des véhicules qui n’ont plus rien de commun avec leurs ancêtres. Une génération arrive, une autre s’en va. Mais au moins pourra-t-on se régaler avec des voitures de courses totalement folles furieuses...

 

Le premier numéro sera disponible dès mercredi sur le territoire américain. Le scénario est de Ken Pontac, les dessins ainsi que la couverture de Leonardo Manco. Et le vintage remastérisé a de beaux jours devant lui...