Les Humanoïdes Associés et La Boîte à Bulles : belle collaboration en perpective

Nicolas Gary - 30.05.2017

Manga/BD/comics - Univers BD - Editions Humanoïdes Associés - Editions La Boîte à Bulles - bande dessinée rapprochement opérationnel


Après 15 années d’existence, La Boîte à Bulles, maison fondée par Vincent Henry, opère « un rapprochement opérationnel ». En somme, une collaboration avec les Humanoïdes associés, éditeur BD, également, dans un tout autre registre, qui sera effective à compter de ce 1er juin. 



 

 

« Après le départ de deux salariés, il s’agissait de réorganiser en profondeur la Boîte à Bulles : soit opérer un recrutement, soit rechercher des partenaires pour une nouvelle collaboration », explique Vincent Henry à ActuaLitté. Les Humanoïdes disposaient déjà des droits étrangers pour vendre les œuvres de Mosquito et Akileos. « Ils sont venus me voir, pour me proposer d’entrer dans ce portefeuille », poursuit-il. 

 

Finalement, le courant passera très bien avec Fabrice Giger, l’homme qui a repris les Humanos au groupe Hachette dès 1989. À cette époque, la maison perdait de l’argent, la transaction fut rapidement conclue. Désormais, c’est sous l’aile de cette structure que se place la Boîte à Bulles. 

 

« Tout cela n’a rien à voir avec l’éditorial — ce qui tourne à notre avantage : leur présupposé, c’est que la société doit se poursuivre, parce qu’elle fait quelque chose que les Humanos ne font pas. L’indépendance éditoriale conservée, ce n’est pas juste un élément de langage sur un communiqué de presse, vraiment pas », poursuit le fondateur.

 

Il est vrai que la BàB possède de vrais atouts. D’abord, une certaine solidité financière : si en 2015, l’entreprise affichait un léger déficit — 15.000 pour 436.000 € de chiffre d’affaires — 2016 a fait bien mieux. « Nous avons bouclé avec un CA de 564 k€, et un petit bénéfice. En clair, la Boîte à Bulles ne perd pas d’argent : c’est une société saine qui n’a aucun besoin financier. »

 

Ce qui n’empêche pas d’envisager l’avenir : avant fin 2017, nous assure-t-on, rien ne se passera. Ensuite, une prise de participation est possible. « On en discute, mais rien n’est avancé sur ces questions. »

 

La force, ce sont les quelque 200 titres de la maison, parmi lesquels Kaboul Disco, Intrus à L’Étrange, L’immeuble d’en face, Le Chat du kimono, Salaam Palestine, L’Ours Barnabé... « Nous avons publié Pays des Purs en mai (extrait en fin d'article), Cyparis sortira en septembre et le tome 3 de Kaboul Disco est prévu pour le premier semestre 2018. Cela devrait assurer une année 2017 honnête. »
 

Se tourner vers l'international, avec le soutien des Humanos

 

Or, ce même catalogue, diffusé par Delsol et distribué par Hachette, comme les Humanoïdes Associés, pourrait avant tout profiter de l’implantation sur le territoire américain des Humanos. « C’est le seul éditeur français avec une réelle présence américaine. L’intérêt serait de parvenir à vendre des graphic novels outre-Atlantique, comme pour une cession de droits classiques », indique Vincent Henry. Globalement, la présence internationale des Humanos ne pourra que profiter à La Boîte. 

 

Car de son côté, la maison Les Humanos va mieux – bien mieux. Depuis le retour sur le terrain de Fabrice Giger en 2007, l’entreprise est revenue sur le devant de la scène avec une politique numérique forte et dynamique, et un véritable développement par la traduction. Au cours des dix dernières années, il a fallu réduire le catalogue, resserrer certains budgets, oublier des livres qui n’étaient pas conformes à la ligne. 

 

Après une période de redressement judiciaire, de nouvelles parutions voient le jour, et remettent à la mode la maison. Aujourd’hui, le siège social est situé à Los Angeles, l’antenne parisienne est ainsi un bureau. Et la croissance bat son plein – au point d’avoir même envisagé de racheter les éditions 12 bis en 2013. 

 

« Aujourd’hui, il faut être clair : ce n’est pas la Boîte à Bulles qui rachète Les Humanos ! Mais nous pourrons profiter, chacun, de notre savoir-faire et de cette collaboration. » Et même négocier de meilleurs taux auprès du distributeur ? Vincent Henry sourit : « Si Hachette veut me proposer mieux, j’accepte de discuter. Mais je ne pense pas que nous cherchions à négocier dès les prochains mois. » 

Actuellement, la Boîte à Bulles est implantée en Centre Val de Loire et bénéficie d’un soutien depuis trois ans de l’agence du livre Ciclic – et spécifiquement dans le cadre des aides aux projets d’entreprises.

 

Dans un communiqué, diffusé ce jour, Fabrice Giger assure : « Vincent Henry a su donner à La Boîte à Bulles stabilité et croissance et créer ainsi un catalogue original et de qualité. Nous sommes heureux de pouvoir appuyer désormais ses développements en lui apportant l'expertise que nous avons acquise au fil de notre histoire si particulière. »

 

Longue vie aux Bulliens associés...