Les mangas pour adultes censurés au Japon

Clément Solym - 19.05.2011

Manga/BD/comics - Univers Manga - manga - censure - adultes


Le 14 avril, le gouvernement de Tokyo a modifié la Loi sur la protection de la jeunesse, créée en 1964 et modifiée en 2010, pour interdire la représentation des crimes sexuels dans les mangas pour adultes.

La réforme de la loi 156 aura pour effet d'intensifier la censure. Depuis 2010, les « publications nocives » ne pouvaient plus être communiquées à des personnes de moins de 18 ans. Normal. Mais la répression porte à présent sur les publications adultes que le gouvernement de Tokyo estimerait susceptibles de « perturber l'ordre social. » (via ANN) Ainsi, « tout manga, dessin animé ou image représentant des actes sexuels ou pseudo-sexuel considéré comme illégal par la loi » sera interdit à la vente.


Par contre, le fanatisme religieux n'est pas prohibé, ce qui n'est guère étonnant, au vu des déclarations du gouverneur de Tokyo, Shintaro Ishihara, lequel n'a pas hésité à affirmer que le tsunami était une « punition divine » contre l' « égoïsme » du peuple japonais. Cette déclaration contredit pourtant la pensée rationnelle.

La Loi 165 entrera en application le premier juillet 2011.

Les crimes sexuels censurés dans les mangas pour adultes


Six titres ont été mis à l'index pour leur immoralité : Oku-sama wa Shōgakusei de Seiji Matsuyama, publié chez Akita Shoten, pour pédophilie ; Aki Sora de Masahiro Itosugi, chez le même éditeur, évoque l'inceste, ainsi que Lovers & Partage d'Yashi Natsuba, chez Shobunkan ; Koibito 8-gō, de Makoto Ojiro, chez Gahousha Shonen, le viol ; Hanamizawa Q-taro Jisenshū Hana-Hiyori, écrit par Q-taro Hanamizawa, chez Mediax, représente des scènes suggestives en milieu scolaire ; Midori no Kisetsu, de Maako, chez Moerl, introduit l'inceste.

Les éditeurs craignent de voir tarir l'inspiration des auteurs de manga ; ils se plaignent aussi de l'absence de critères explicites, comme c'était déjà le cas lors de la réforme précédente. (notre actualitté)

En France, l’ordonnance du 23 décembre 1958 interdit seulement l'exposition et la publicité pour les œuvres licencieuses, car, s'il est fondamental de protéger les enfants contre toute publication immorale, la censure de la littérature pour adultes est davantage sujette à caution. En effet, selon Aristote, la représentation des passions a une fonction cathartique, « opérant par la pitié et la terreur la purgation des passions de même nature. »

Imagine-t-on une bibliothèque sans la Bible, les tragédies de Sophocle ou la littérature arthurienne ?



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