Les sites de partage d'anime en torrent victimes d'attaques informatiques

Julien Helmlinger - 05.09.2014

Manga/BD/comics - Univers Manga - Lutte contre le piratage - Manga et animé - Offre légale


Le manga et sa version animée comptent parmi les produits les plus exportés du Japon, qui entend bien faire revenir ces biens culturels dans le circuit légal. Mais comme dans le domaine du piratage la voie de la répression n'est généralement pas suivie de résultats, le gouvernement japonais a récemment opté pour la solution pédagogique. Ainsi a été lancé le projet Manga-Anime Guardians, une plateforme recensant les offres légales, qui réunit 15 éditeurs et distributeurs, pour un catalogue comprenant quelque 250 séries.

 

 

 

 

Fin de la répression visant le partage d'œuvres protégées ? Rien n'est moins sûr. Parallèlement à ce mouvement, divers sites de partage de fichiers, qui hébergent notamment des œuvres pirates, ont ces derniers jours été victimes d'attaques de type DDoS (Attaques par déni de service). Les plateformes Haruhichan, Tokyo Toshokan et AnimeTake se sont retrouvées ciblées, et celle de NYAA aurait même mis quelques jours à se remettre de son black-out.

 

Ce phénomène, qui consiste à paralyser un serveur en surchargeant sa bande passante où ses ressources en envoyant de multiples requêtes, serait relativement courant dans le milieu des sites de partage. Tandis que ces attaques sont en mesure de perturber les services d'une plateforme, voire à la contraindre à des dépenses, on ne sait généralement pas qui en est à l'origine. Ces attaques visant le partage d'anime et de manga constituent encore un mystère.

 

La théorie du complot

 

Du côté des usagers de ces sites, les doigts accusateurs n'ont pas tardé à désigner le gouvernement japonais au rang des suspects. La campagne anti-piratage du moment leur est apparue comme un mobile crédible, même si le piratage gouvernemental serait une mesure plutôt radicale et par extension peu probable aux yeux de certains autres commentateurs. Finalement, une autre accusation, émanant d'une page Facebook, allait faire tourner les regards ailleurs.

 

Cette page Facebook, au nom de Horriblesubs (le site web du même nom dément être à l'origine de la page), désigne comme coupables les employés de Crunchyroll et Funimation. Le premier cité est une société de production télévisuelle et cinématographique américaine, versant dans l'anime, quand le second est un site web communautaire traitant également de l'univers manga. Là aussi, aucune preuve n'a été apportée par l'accusation et l'attention allait encore être attirée ailleurs. 

 

Le suivant à s'être retrouvé suspecté d'avoir commis ces attaques est l'organisme anti-piratage Remove Your Media. Celui-ci travaille notamment avec des sociétés comme Funimation et Viz Media. Son activité comprend par ailleurs l'envoi de millions de notifications de violation du Digital Millenium Copyright Act. Via un tweet désormais supprimé, la société menaçait d'envoyer des milliers de notifications aux usagers de la plateforme NYAA une fois celle-ci à nouveau opérationnelle. 

 

Contactée par TorrentFreak, Remove Your Media assure ne pas être en cause et avoir supprimé son tweet en raison des accusations qui ont suivi. Et là encore, on peut se demander si un organisme versant dans la lutte anti-piratage oserait se lancer dans des pratiques illégales et contreproductives.

 

Le développeur Swaps4 a tenté de remonter à la source des attaques ayant visé Haruhichan. A l'issue d'un exposé détaillé de l'opération, il conclut : « Tout bien considéré : personnellement, je ne crois pas que le gouvernement japonais ou toute industrie de l'animation soient impliqués dans les attaques. Je crois que quelqu'un essaie de lancer une conspiration alors que la campagne anti-piratage MAG a tout juste été mise en ligne. L'attaque provient du Japon, en ce qui nous concerne. Nous ne savons juste pas qui a fait ça. »