Libera, tome 2 Gran Môm, de Boisserie et Cadelo

Clément Solym - 06.04.2008

Manga/BD/comics - Univers BD - Libera - Boisserie - Cadelo


Libera. Terre de détritus et de désolation où pullulent des mutants difformes et grotesques. Danubia, cité de prospérité, d'abondance pourrie par les convoitises des familles qui se partagent les richesses, l'appât du gain, du pouvoir, de la puissance... Deux facettes, une médaille. Mais Danubia veut épurer sa face obscure, ainsi en a décidé Memomater, l'entité toute puissante, représentée sous les traits d'une statue d'Athéna. Rien ne pourra commencer tant qu'il restera des humains dans la zone de Libera.

Et malheureusement, deux sont actuellement présents parmi les Mutants : Môm, recueilli par trois créatures, un bébé qui projette des images fascinant les habitants de Libera. Et Asia, sa grande soeur est venue le chercher. Elle deviendra Gran Môm pour les Libériens. Elle se retrouvera confronté à Demi-mort, le maître d'armes proscrit de Danubia qui ne désire retrouver le paradis perdu... mais quand on est un Mutant et que l'on a deux têtes...



Ce second tome prolonge l'univers de la série que l'on explore mi-dégoûté mi-fasciné. Les Mutants, créatures attachantes en deviennent plus humaines que les monstres qui peuplent Danubia. Malgré quelques fausses cases, entendez que les dessins manquent pour certains de clarté ou de rigueur, ou des deux, désolé, le trait s'affine et progresse, donnant plus de consistances à la noirceur du monde. C'est un véritable plaisir de voir Cadelo évoluer. Reste que le dessin ne plaira pas à tout le monde. Vraiment : le dessin est lugubre autant que glauque, et les imprécisions de certains portraits ajoutent encore à ces sensations. Et c'est valable pour les humains, plus peut-être que pour les Mutants.

Côté scénario Boisserie gère bien. À Danubia, les luttes et tensions se dessinent plus précisément, et dans les terres désolées de Libera, le désespoir apparent laisse percer quelques traits touchants d'humanité. L'histoire avance à un rythme régulier, sachant maintenir la tension, ménager le suspens... Le langage des Mutants, enfantin et maladroit ajoute aux charmes de ces créatures et les rend plus attachants encore.

Bilan ? Du bon. Une petite BD pour 12,50 € édité par Gléant, dans sa collection Zenda, qui donne envie de retrouver le premier volume, juste pour se ménager le troisième...