Loi de protection de la jeunesse au Japon : première victime

Clément Solym - 22.04.2011

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La nouvelle n'est pas bonne. Les tomes 1e t 3 du manga Aki Sora ne seront pas réimprimés après le 1er juillet. C'est là le premier exemple des conséquences de l'amendement du gouvernement de Tokyo sur la protection de la jeunesse.

Et celle-ci ne pas pas vraiment apprécier que l'on se soucie autant d'elle. On s'en souvient, le bras de fer entre éditeurs et autorités avait commencé à s'intensifier en novembre 2010, alors que la loi 156 était examinée, avec une vocation de régulation du marché.

Les contours de la loi

En effet, il s'agirait désormais de limiter la vente et la location de ce type d'oeuvres, uniquement aux personnes de plus de 18 ans. Et ces contenus sont appelés « publications nocives », et définies comme suit : sexuellement émoustillantes, encourageant à la cruauté voire incitant au suicide ou à un comportement criminel.

En outre, elle avait ajouté à son texte de faire tomber sous son coup des oeuvres présentant « de manière injustifiée, glorifiée ou exagérée », des scènes sexuelles trop extrêmes seraient concernées. Au point que les éditeurs aient décidé de boycotter la Tokyo Anime Fair, pour montrer leur mécontentement. (notre actualitté)

Les premières conséquences

Or, le problème soulevé par les amateurs, c'est que le manga Aki Sora n'est en rien une oeuvre pour adultes. On y trouve effectivement des scènes d'inceste entre frère et soeur dans les tomes 1 et 3. Donc, de quoi tomber sous le coup de la loi, mais uniquement pour deux volumes.

Les restrictions que Tokyo impose ont fait réagi le créateur dudit manga, Masahiro Itosugi, qui s'insurge contre la mise en application de la loi à compter du 1er juillet. Et cette loi a véritablement des retombées funestes pour la publication de ces titres. (via ANN)

Des répercutions dans le pays et sur l'oeuvre

Il faut savoir que d'autres préfectures ont des lois sur la protection de la jeunesse aussi dures que celle de la préfecture de Tokyo. Cependant, cette dernière, à l'origine de la loi, dispose d'un rayonnement qui conduira peut-être d'autres préfectures à faire de même. Et l'on mesurera mieux son importance au fait qu'il a été décidé de plus réimprimer les tomes 1 et 3 du manga au niveau national.

La possibilité demeure cependant que les manga soient diffusés avec un label Pour adultes seulement, mais attendu qu'ils ne répondent en rien aux critères - sinon dans ces séquences des tomes 1 et 3 - le mangaka estime surtout que son oeuvre serait alors perçue d'une manière complètement différente dans les yeux du public.