Lutte groupée contre le harceleur d'auteures comics

Clément Solym - 03.09.2012

Manga/BD/comics - Comics - auteures - comics - twitter


Une bien vilaine marotte. Depuis deux ans, un individu caché derrière plusieurs identités harcèle sur Twitter un groupe de femmes. Toutes sont des actrices du monde du comics : scénaristes, dessinatrices ou journalistes spécialisées et ont eu affaire à des menaces, propos sexistes ou vulgaires.

 

 

 

Ce n'est que récemment que l'auteure Kelly Sue DeConnick a révélé que le calvaire durait depuis plusieurs années, apparemment en toute impunité. L'internaute malveillant ne faisant qu'alterner ses avatars féminins et masculins sur le site de microblogging. Avec minutie, DeConnick les répertorie sur une liste et annonce sur son compte que « si quelqu'un la veut, je l'ai ».

 

 

Le message interpelle Mark Millar, auteur entre autres de Kick-Ass. Sur le compte du mauvais plaisantin, il lance un appel aux représailles, partant d'un principe « éthique » de solidarité avec leurs collègues féminines et amies. Plus dégourdi que son ado en lycra vert, l'auteur contacte plusieurs confrères masculins comme Ron Marz, mais n'est pas sûr des démarches à effectuer sur le plan pénal : le harceleur qui se fait appeler MisterE2009, parmi d'autres identités virtuelles, réside aux États-Unis. Mais cela n'arrête pas Millar qui a connaissance du fait que plusieurs avocats fréquentent le réseau. Et invite les victimes à porter plainte, les assurant qu'il couvrira les frais de procédure.

 

Hier, l'artiste expliquait qu'il avait engagé des poursuites à Los Angeles, où habiterait le harceleur. Si les choses ne vont pas jusqu'au tribunal, il espère que « son identité sera révélée en Californie » et « que non seulement la honte lui fera arrêter ses attaques en ligne contre les femmes, mais aussi en découragera d'autres ». Si ce genre de désagrément n'est pas nouveau, il a le mérite de montrer une entraide certaine dans le secteur. Millar avait évoqué sur le mur de l'agresseur le capital de sympathie de son média. Une « large église », « des plus cools », estimait-il en bon samaritain.