Manga : le scanlation, piratage éhonté ou amour partagé des oeuvres ?

Clara Vincent - 22.01.2020

Manga/BD/comics - Univers Manga - campagne anti-pirate - scanlation mangas japonais - numerisation droit d'auteur


Aux États-Unis, le monde de l’édition de mangas nippons connait ces derniers mois une forte campagne de lutte contre le piratage. Sauf que parmi les cibles de quelques défenseurs proclamés du droit d’auteur, certains sites contribuaient pourtant à donner une meilleure reconnaissance du travail des créateurs japonais à travers le monde…

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ActuaLitté - (CC BY-SA 2.0)


Comme le révèle le site Torrent Freak, des sites spécialisés dans la scanlation, pratique consistant à numériser la version originale d'un manga publié au Japon pour en proposer une traduction dans une autre langue, font l’objet d’un acharnement de la part d’acteurs qui se revendiquent de la lutte antipirate. Selon l’enquête menée auprès des plateformes Mangazuki.co, MangaSushi.net ou LHTranslation.net, « [a]u moins deux de ces sites traitent environ trois millions de demandes [de retraits de contenu] par jour ». 
 
Or, ces requêtes ne sont pas toujours conformes au texte de loi prévu pour lutter contre la violation du droit d’auteur aux États-Unis, le Digital Millennium Copyright Act (DMCA). Certaines allant même jusqu’à constituer de véritables menaces d’intimidation auprès des administrateurs des plateformes de scanlation. En témoigne par exemple cet email du groupe antipirate RemoveYourMedia reçu par LHTranslation, qui intime ce dernier de supprimer un contenu sous peine de disparaitre définitivement de tout moteur de recherche. 

 

Les plateformes de scanlation se défendent pour leur part de contribuer à la pratique du piratage. Leur objectif principal étant d’élargir la communauté de lecteurs d’œuvres japonaises dont la traduction n’aurait pas encore été effectuée par des éditeurs étrangers. « Notre objectif [...] n’est pas de gagner de l’argent. La plupart de ces travaux sont effectués gratuitement. Nous le faisons tous parce que nous aimons tout simplement lire des mangas et voulons apporter ces séries en Occident », déclare l'un des administrateurs auprès de TorrentFreak. 

Ces derniers ont fait état de trois profils types de requérants anti-pirate, dont deux font notamment obstacle à leur entreprise de plus large diffusion des mangas japonais auprès de lecteurs occidentaux. Le premier, surnommé « trolls DMCA », renvoie à des personnes n’étant nullement en possession des droits des séries, mais qui déposent des demandes de retrait au nom du respect du texte de loi.

Le second, qui pose davantage problème aux administrateurs des plateformes, « sont ceux qui dérobent nos traductions et déposent une réclamation sur notre contenu », a expliqué l’un des administrateurs auprès de TorrentFreak. En somme, un retournement du DMCA contre les auteurs des scanlations.

Le dernier profil réfère quant à lui aux personnes en réelle possession des droits. Dans ce dernier cas, les plateformes assurent retirer le contenu indiqué, et rediriger les utilisateurs vers des sites où les œuvres originales peuvent être achetées, dans des versions traduites. 

« C’est pourquoi nous ne nous considérons pas comme des pirates, mais plutôt comme des fans, car notre objectif est de rendre les séries accessibles aux autres », assure MangaDex, indiquant que c'est bien la raison pour laquelle « nous disons toujours à nos lecteurs de soutenir les versions officielles et les créateurs [en les redirigeant] vers les pages d'achat des imprimés officiels anglais et dans certains cas des imprimés japonais ».

À ce titre, TorrentFreak relativise la menace que constituent les sites de scanlation. « En rendant le contenu traduit officiellement disponible […], les mangas pourraient également toucher un public plus large, supposément joint à une augmentation des revenus. » Et de conclure : « Cela semble un peu plus progressif que les e-mails menaçants et la fermeture des comptes PayPal. »


Commentaires
Je lis pas de scan personnellement :

-j'utilise quand même les avis des pirates pour savoir si un futur Manga vaudra le coup (plus facile pour des gros titres comme "Jujutsu Kaisen" que pour des titres comme "Mauvaise Herbe" ou même Birdmen, pour ça je regarde les étoiles sur l'Amazon Japonais)

-Je tombe sur des scans quand je cherche des previews des dessins de futur titres.



Je sais pas si les scans font perdre des lecteurs ou pas (ça doit jouer sur des titres comme "Birdmen" ou "Ariadne" moins sur les hits).
Perso, ça fait longtemps que je lis des scans en ligne, souvent pour des séries que j'adore (je n'en suis plus que 2 : One Piece et One Punch Man) et à côté, quand ils sortent en France, je les achète, je les relis, et cela ne m'empêche pas de posséder plus de 1300 mangas...

Alors appelez moi Pirates si vous voulez... Mais quelle est la différence entre lire un scan en ligne et aller lire 5 mangas à la Fnac sans en acheter un seul? Aucune...



Sauf que la scantrad fait venir des mangas non encore édités en France et les autres pays, qui peuvent rencontrer un plus ou moins grand succès, et qui est-ce qui a alors une étude de marché toute prête pour savoir si ça vaut le coup de le commercialiser dans le pays? ... Les éditeurs...



La France ne serait pas le premier pays consommateur de mangas après le Japon sans toutes les équipes de Scantrad et les équipes de traduction et sous titrage des mangas et animés japonais...



Et puis celui qui n'a pas les sous pour se payer une collection de mangas, il peut quand même suivre la série et derrière aller à des conventions, s'offrir où se faire offrir des figurines ou autres goodies, etc... Et en vrai fan, quand il aura les moyens, il pourra avoir sa collection tant attendue...



Il n'y a strictement aucun mal à la scanlation, elle a propulsé le manga à un niveau incroyable! D'autant que les équipes que je connais suppriment le contenu traduit, soit quand le tome est annoncé ou arrive en France, soit après 3-4 chapitres publiés, empêchant donc de se télécharger la série complète. Et comme précisé dans l'article, ils invitent les gens à acheter les tomes une fois sortis



Merci à tous ces passionnés pour le gigantesque travail bénévole qu'ils ont fait jusque là !
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