Manga numérique : entre résistance et enthousiasme des auteurs

- 25.02.2013

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Pérenniser ce patrimoine culturel qu'est le manga. Entre l'envie de former ses dessinateurs autrement que sur le tas et les peurs sur le passage au numérique, le Japon réfléchit à l'avenir du « dessin dérisoire ». Avec l'appui de l'auteur de Kamen Rider, Goro Yamada, le ministère de la Culture du Japon tend à dynamiser un produit culturel de moins en moins national entre manhwagas coréens et mangakas français.

 

« Pendant la guerre il y avait le chien Norakuro, et après-guerre les bandes dessinées américaines dans la presse quotidienne, comme Blondie. Puis sont arrivés les mangas d'un genre absolument nouveau, proches du cinéma, d'Osamu Tezuka », explique, via l'AFP, le dessinateur Monkey Punch, sensibilisé à la bulle numérique. Autant dire que sur un demi-siècle, les créateurs ont appris et pensé le métier principalement à la lumière des aînés.

 

 

(CC BY-SA 2.0) 

 

 

Avec quelque 7000 auteurs de genre, 25.000 assistants et 400 titres de presse spécialisée, le manga porte de lourds intérêts économiques et culturels. Parmi celles-ci, le développement du graphisme par écran. Au pays du tout connecté, la numérisation n'effraye pas moins qu'en occident.

 

Il y a ceux qui redoutent le naturel changement des choses. Le nivellement par le bas grâce à des outils qui facilitent le travail, mais aussi un vrai manque de maîtrise. Yamada résume : l'«adoption de l'outil numérique piétine, parce que beaucoup de mangakas jugent que ça va plus vite à la main ». D'illustres noms tels que Taniguchi évoquent sans complexe, voire de la fierté, le travail exclusivement à la main « parce que les techniques autres, il ne les connaît pas ». 

 

Aussi est-on loin des planches intégralement réalisées par écran, alors même que les tablettes graphiques, entre autres, proposent une expérience similaire. À ceux qui reproche au numérique de faire le mangaka plutôt que le talent, Yamada rétorque « c'est faux, car ce qui fait l'intérêt d'un manga c'est d'abord l'histoire et la façon dont elle est découpée, présentée ». Dans cet accompagnement pédagogique des nouveaux talents et de l'ancienne école, Yamada a fort à faire. Dans un premier temps, réaliser un état des lieux de l'utilisation informatique et de l'attente numérique. Ensuite, de la conviction, beaucoup.