Manu Larcenet : “Je ne lis plus de bandes dessinées, plus rien ne m’excite”

Florent D. - 22.12.2017

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« Sans doute ma nature déséquilibrée y est-elle pour beaucoup, mais pas seulement. Avec l’âge, je perds peu à peu l’enthousiasme que j’avais à intégrer ce monde. Je n’y ai jamais vraiment trouvé ma place », écrivait la semaine passée Manu Larcenet. L’auteur, dans un long billet, fait ainsi passer un message simple : laisse-le loin de tout cela. 

 

Angoulême FIBD
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

 

« Des premières années où on refusait même de me serrer la main, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas réussi à tisser de liens avec “le milieu”. Souvent, je me suis senti humilié, rabaissé, traité en enfant naïf par des gens qui avaient, pour certains même, les meilleures intentions du monde. Je n’ai aucun souvenir d’une discussion artistique intense durant ces années », explique Larcenet.

 

Il évoque assez pudiquement Jean-Yves Ferri, son frère d’armes, ou encore Cabu, « vieux Maître ». Et du reste, l’auteur reconnaît sa part de responsabilité. « Par caractère, je ne suis pas un homme liant, encore moins accommodant. Cependant, s’il ne fait aucun doute que cette attitude m’est nuisible socialement et professionnellement, en matière artistique, il me semble que c’est plutôt une bonne chose. »

 

Mais dans les faits, c’est une grande déception dont il fait part.

 

Vous le constatez, chers collègues, je suis aigri.

Je ne lis plus de bandes dessinées, non par choix, mais parce qu’il n’y a plus rien qui m’excite quand je déambule, hagard, devant les immenses rayonnages consacrés à notre art. Terrifié par la quantité de titres et par l’apparente indigence des contenus, je finis toujours par repartir les mains vide, déboussolé. Comment se satisfaire de cette profusion où tout recommence à se ressembler, comme dans les années pré-Association. Quel dommage. Quelle tristesse, aussi.

 

 

Cosey reçoit le Grand prix de la 44e édition
du festival de la BD d'Angoulême

 

Entre le plaisir du travail et la défiance qu’inspire le monde de la bande dessinée, pour ne pas dire celui de l’édition, Larcenet adresse ses vœux à chacun. « Je suis sec. » Et de conclure : « C’est pour ces raisons, pas forcément très claires, j’en suis conscient, que je vous demande de porter vos votes, si toutefois on nous demande de voter, sur des artistes qui sauront apprécier l’honneur à sa juste valeur. Le but d’un Grand Prix, me semble-t-il, est de promouvoir la bande dessinée... J’en serais bien incapable ! »

 

Son billet, poignant, et touchant, est à lire.




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