Sur la scène BD de Livre Paris, Marion Montaigne raconte, avec beaucoup d'humour et d'autodérision – sa marque de fabrique –, le « making of » de son dernier bestseller Dans la combi de Thomas Pesquet (Dargaud). L'occasion de découvrir l'envers du décor – terrestre et spatial –, à travers quelques photos et de nombreuses anecdotes.
 

Marion Montaigne, ActuaLitté CC BY-SA 2.0


« Faut que tu vois comment je m'entraîne » lance Thomas Pesquet à Marion Montaigne, alors que celle-ci envisage de dessiner son quotidien. Si la formation de l'astronaute – à ce jour sûrement le plus aimé des Français – a duré 7 ans, l'auteure a pu « rentrer dans sa combi » les deux dernières années. D'autant plus que le spationaute aime beaucoup la bande dessinée et le travail de cette dernière. 

Si elle était d'abord intimidée par l'astronaute, heureusement, ce dernier s'est montré « hyper dispo en plus d'avoir beaucoup d'humour ». Un combo gagnant pour Marion Montaigne, dont les bandes dessinées de vulgarisation sont pleines de dérision. 

Sur les pas de l'homme qui sera envoyé dans l'espace, elle voyage à Cologne, Houston, en Russie, visite la NASA... Illustrant par quelques photos, elle montre au public ses essais dans un simulateur spatial, tout en plaisantant : « je me suis crashée, j'allais trop vite. »

Elle assiste aux entraînements physiques, comme cette plongée dans la « NBL » (Neutral Buoyancy Lab à Houston, ndlr), une piscine servant à l'entraînement de sortie dans l'espace (l'eau est ce qui représente le mieux l'apesanteur sur terre), ou encore cet essai d'une combinaison de rafraîchissement, que l'on ne voit jamais dans les films, précise-t-elle : « Dans Gravity, elle sort en short, mais ce n'est pas possible de se passer de cette combi, sinon on meurt. » 

Elle s'amuse à prendre des photos de statues représentant Youri Gagarine (premier homme à avoir effectué un vol dans l'espace, ndlr) : « il est partout ». La voilà embarquée dans ce milieu rempli de mythes. Mais un petit alunissage est nécessaire : la formation d'un astronaute est aussi très théorique. Dans la bande dessinée « expliquer les aspects techniques, c'est le plus compliqué. Thomas raconte beaucoup d'anecdotes et m'explique beaucoup de choses. »

Le processus d'écriture de la bande dessinée a donc été assez long – un peu moins d'un an – : il a fallu décider de comment organiser les choses, éliminer les éléments inutiles... « La partie dessin vient en dernier, je l'ai faite au printemps-été dernier. Le dessin, c'est la partie émergée de l'iceberg » raconte-t-elle.
 
La bande dessinée a-t-elle changé sa vision du métier d'astronaute ? lui demande-t-on, dans le public. Marion Montaigne décrit un métier dur, exigeant, dans lequel il est nécessaire d'être patient – et il faut déjà être sélectionné pour l'exercer, ce qui est une autre paire de manches. L'humour de son modèle et ses succulentes anecdotes lui permettront néanmoins de désacraliser le métier. 

Avait-elle prévu la célébrité de Thomas Pesquet ? « Pas au début » répond l'auteure. Elle a tout de même vu, après avoir rencontré les collègues internationaux de son spationaute – qui sont, selon elle, de véritables stars dans leur propre pays – , une nouvelle génération, plus connectée, habituée des réseaux sociaux.
 
Alors, envie de devenir astronaute ? Marion Montaigne rit franchement à cette question. « Vous avez déjà essayé l'examen d'entrée ? Il est en ligne et j'ai très vite abandonné. En plus, il paraît que c'est la version simplifiée ! » Trop de responsabilités, trop de stress pour notre auteure de bande dessinée, et on l'avoue, on préfère qu'elle déverse son imagination dans son travail que dans une fusée. 

Pour l'heure, l'auteure entend tourner la page avec ses dessins d'astronautes – « une bande dessinée de 200 pages, c'est suffisant » – même si, elle le reconnaît, on continue de lui raconter des anecdotes qu'elle aurait aimé mettre en bulle. Marion Montaigne a pu rester en contact avec Thomas Pesquet lors de sa mission et a même eu la chance de recevoir un coup de fil de l'espace : « La connexion était très bonne. » 

 


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