Marvel de nouveau épinglé pour une couverture sexualisée

Antoine Oury - 25.10.2016

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Depuis quelques années, les éditeurs de comics se sont adaptés à un nouveau public, plus féminin. Le lectorat et ses préoccupations se sont modifiés, générant une certaine prise de conscience au sein de l'industrie. Mais certains décalages se font encore sentir : Marvel vient d'en faire l'expérience avec le personnage de Riri Williams.

 

Exposition Jack Kirby Angoulême

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Riri Williams est une toute nouvelle recrue chez Marvel : au mois de juillet dernier, l'auteur Brian Michael Bendis la présentait comme une jeune femme brillante, née à Chicago, qui intègre le MIT à 15 ans. Repérée par Tony Stark, aka Iron Man, elle se devient l'héritière de son armure, de ses pouvoirs et des grandes responsabilités qui vont avec.

 

Le personnage, qui en remplace pourtant un autre qui occupe une place de choix dans le cœur des lecteurs, a été plutôt bien accueilli par le public. Il participe au mouvement général observé chez Marvel et DC Comics : de nouveaux héros apparaissent, qui s'éloignent volontiers du carcan de l'hétérosexuel blanc et américain. Dès 2013, Marvel présentait ainsi une superhéroïne musulmane, Kamala Khan, qui allait ouvrir la voie à la diversité chez les surhommes et surfemmes.

 

Si l'identité des personnages importe, leur représentation n'est évidemment pas anodine : après tout, on parle ici de comics. À ce titre, les lecteurs et lectrices n'hésitent plus, réseaux sociaux oblige, à faire savoir leur mécontentement lorsque les représentations des personnages sont un peu trop stéréotypées. Et, dans le cas des femmes, leur apparition dans les comics relève souvent de la sexualisation. 

 

Le dernier cas vraiment marquant, chez Marvel, remonte à cette affaire avec Milo Manara : l'artiste italien avait réalisé une couverture commandée par Marvel mettant en scène Spider-Woman. Comme l'on pouvait s'y attendre — c'est sa spécialité — Manara avait dessiné la femme-araignée dans une pose plus que suggestive. Face au tollé, Marvel avait annulé les couvertures sans insister.

 

Rebelote du côté de la Maison des Idées, avec une couverture alternative signée J. Scott Campbell, commandée par Marvel et Midtown Comics pour Invincible Iron Man #1, jugée hypersexualisée dans une posture déplacée, d'autant plus que le personnage a 15 ans.

 

 


 

« C'est le personnage que l'on m'a demandé de dessiner », a répliqué J. Scott Campbell face aux critiques. « Je lui ai donné un côté insolent. [...] Le crop-top était déjà présent dans le design original [du personnage] », a-t-il ajouté.

 

Marvel a décidé, comme pour les autres affaires, de ne pas soutenir le dessinateur, et a donc signalé le retrait de la couverture alternative. Le scénariste Brian Michael Bendis, de son côté, n'a pas caché son soulagement : « Si j'avais vu un croquis ou un dessin préparatoire, j'aurais émi des objections. » Dans ce cas, l'erreur semble surtout du côté de l'éditeur, qui n'a pas vraiment su cadrer l'esprit de la série...

 

via The Independent