Milestone : quand les droits d'auteur déchirent les auteurs de comics

Bouder Robin - 07.08.2017

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Les super-héros ont beau affronter les plus grands vilains de l'univers, il en est un qui revient sans cesse, invincible ou presque : le droit d'auteur. Pas facile de gérer les histoires de copyrights lorsque plusieurs auteurs sont impliqués dans la création d'un personnage ou d'une franchise. La maison Milestone, arrêtée en 97 se bat depuis des années pour revenir sur le devant de la scène. Mais le parcours est semé d'importantes embûches juridiques.

 



 

Au sommet de la collection lancée en 1993, 4 fondateurs – vous avez dit Poudlard ? – : Denys Cowan, Dwayne McDuffie, Michael Davis et Derek Dingle. Christopher Priest, scénariste de nombreuses séries Marvel et DC, aurait dû en être le rédacteur en chef, mais avait renoncé à ses parts avant le lancement du projet. 
 

Milestone avait tout d'abord rencontré un certain succès, fort de ses héros représentatifs de minorités à une époque où les super-héros étaient majoritairement blancs et porteurs de symboles typiquement américains. L'éditeur a même a plusieurs reprises permis à DC Comics de reprendre ses personnages... Celui de Static, notamment, avait eu droit à ses propres aventures en dessin animé et à une intégration à temps plein dans l'univers de DC, au sein des Teen Titans.

 

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Seulement, quelques années plus tard, les ventes des comics ont décliné jusqu'à l'arrêt de la collection. Et en 2011, une tragédie frappe Milestone : le décès de McDuffie. Qu'à cela ne tienne, 2 des autres créateurs décident de redonner vie à leurs personnages, et annoncent en 2015 qu'ils seront complètement intégrés à l'univers DC désormais.

Cependant, le retour de Static et des autres tarde, et les fans commencent à s'inquiéter. En cause : une bataille juridique opposant les propriétaires de la franchise.
 

La veuve de McDuffie, Charlotte Fullerton, poursuit en justice Milestone Media Company, pour la bonne raison que la part anciennement détenue par son défunt époux – et aujourd'hui sienne – n'a pas été prise en compte dans ce revival, et qu'elle-même a d'emblée été écartée du projet. Elle estime qu'il s'agit d'un vol, purement et simplement : les anciens collaborateurs de son mari ont ainsi « volé l'héritage de McDuffie construit durant toute une vie de travail ».
 

« Pire », peut-on lire dans le dossier, « Hudlin [réalisateur impliqué dans ce Milestone 2.0], Cowan et Dingle ont agi avec la plus grande hypocrisie. Ils ont feint leur respect et leur gratitude à l'égard du mentorat, du génie de McDuffie, ainsi qu'à leur association ». Le tout, en « minimisant leur vol par "deux années de paperasse légale" ».




 

Quant au 4e fondateur, Michael Davis, il n'a pas non plus été impliqué dans le projet, mais pour une bonne raison cette fois : l'auteur avait tout simplement renoncé à ses droits en 1994. Alors qu'au lancement de Milestone, les 4 amis possédaient des parts égales dans la société, aujourd'hui il semble difficile de comprendre qui détient quoi.
 

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Et tant que la situation ne se débloquera pas, les comics ne verront certainement pas le jour... Un constat d'autant plus dommage que diversité et tolérance sont des thématiques qui trouvent enfin leur place dans les aventures de super-héros.

Alors que le public réclame le retour de Static et de Milestone, il semble bien qu'il doive s'armer du plus grand de tous les super-pouvoirs : la patience.


Via ComicsBeat