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Offre légale dans la BD numérique : le streaming d'Avecomics et Izneo

- 29.01.2014

Manga/BD/comics - Univers BD - bande dessinée numérique - modes de diffusion - lecture en streaming


Cette semaine, ActuaLitté a décidé d'accompagner la diffusion d'un numéro hors série de BDZmag, consacré au piratage de la bande dessinée. Consultable dans son intégralité sur la plateforme ISSUU, le dossier aborde les problématiques techniques de l'offre légale, et les conditions d'utilisation pour les clients. Aujourd'hui, la lecture en streaming, et ses conséquences.

 

 

Les sites Izneo et Avecomics ont essentiellement basé leur mode de diffusion sur le streaming. Quelles sont les conséquences de ce choix ?

 

 

Streaming et webrip

 

Le « webrip » (la capture d'écran) devient le sport à la mode, les offres légales sont en passe de devenir la principale source de scans pirates du net français (en particulier pour les dernières sorties, les « 0-day »).

 

Pourquoi scanner si on peut tout avoir en faisant une copie d'écran ? Même sans parler de piratage, nombreux sont les utilisateurs qui font des copies d'écrans pour avoir une copie de la BD qu'ils ont louée sur leurs disques durs.

 

Comixology n'est pas épargné non plus, des teams américaines se sont spécialisées dans la diffusion de leurs scans, on peut même parler dans ce cas de « 0-hour » ! Sur le sujet, voir notre article : Comixology-backup le plugin pirate

 

Numilog et consorts qui se reposent sur des formats avec DRM comme le PDF et l'ePub pensent être hors d'atteinte. Mais je vous invite à faire une recherche Google, juste pour rire... De nombreux sites proposent des tutoriaux pour enlever les DRM.

Pourtant, d'après Vincent Montagne, « les offres commerciales en ePub3 permettront désormais de garantir l'accessibilité des ouvrages », et plus aucune exception ne menacerait « la capacité d'investissement de la chaîne du livre, précisément dans le numérique ». Citant Milton Friedman, « There is no free lunch », le président du syndicat met en garde contre le tout gratuit et souligne que le lecteur saura remercier les professionnels lui offrant un environnement de lecture ouvert et interopérable.
(Extrait de l'article : 'Un désir unanime de s'emparer de la dématérialisation' (Vincent Montagne))

« Attributor »

 

À noter que le groupe Hachette utilise la solution Attributor...

 

Pour mieux comprendre la procédure, il faut présenter le principe d'Attributor qui propose deux approches : offensive, avec l'outil « Audience », et défensive, avec « Guardian ». C'est cette dernière qui a été choisie par Hachette Livre.

 

L'éditeur fait ainsi parvenir automatiquement des métadonnées, comprenant l'ISBN, le titre du livre, le nom de l'auteur. Fort de ces informations, Attributor va ‘crawler' - c'est-à-dire inspecter le net, pour effectuer un contrôle de présence des fichiers. Une première phase mécanique, avant une seconde qui cette fois est humainement opérée pour confirmer l'existence d'un contenu pirate.

 

La suite est simple : Attributor détecte un fichier contrefait, envoie une notification de demande de retrait au site concerné qui va alors choisir ou non de supprimer l'accès à l'ebook. Un test sur 500 ebooks a donné lieu à des milliers de notifications de retraits ! 


Mais depuis l'ouverture de tout le catalogue, “ce sont des centaines de notifications chaque jour qui sont envoyées ”, nous assure Hachette Livre.

Pour la première période de test, « tous nos métiers étaient concernés : littérature, bande dessinée ou manga, avec la maison Pika. Cette démarche est une protection des actifs de nos auteurs, le trésor de guerre de l'éditeur. En signant avec Attributor, nous faisons un geste vers les auteurs, pour leur garantir une sécurisation de leurs œuvres et de leurs droits ».
(Source : Hachette va protéger Astérix des pirates)

 

Attributor a récemment changé de nom et s'appelle désormais Digimarc. Attributor, un nom qui faisait peut-être trop penser à Terminator pour faire peur, sans la puissance de feu d'Arnold puisque le dernier tome d'Astérix chez les Pictes était en partage trois jours après sa sortie et on le trouve encore facilement dans tous les réseaux.

 

Pourtant, des solutions anticopie existent ! Il suffirait que les BD soient imprimées sur papier anticopie pour éviter la reproduction via un scanner, même si cela ne protégerait pas d'une reproduction faite par un système comme leBookscanner qui utilise des APN pour la numérisation.

Le tatouage numérique

 

Le DRM le plus intelligent pour éviter les dérives du Webrip serait le tatouage numérique. Mais cela implique une veille constante des fichiers mis à disposition sur les réseaux et ne garantit pas que le propriétaire du compte soit celui qui a fait la copie du fichier.

Le tatouage numérique (en anglais digital watermark, « filigrane numérique ») est une technique permettant d'ajouter des informations de copyright ou d'autres messages de vérification à un fichier ou signal audio, vidéo, une image ou un autre document numérique. Le message inclus dans le signal hôte, généralement appelé marque ou bien simplement message, est un ensemble de bits, dont le contenu dépend de l'application. La marque peut être le nom ou un identifiant du créateur, du propriétaire, de l'acheteur ou encore une forme de signature décrivant le signal hôte. Le nom de cette technique provient du marquage des documents papier et des billets de banque.
(Extrait de wikipédia sur le Tatouage numérique)

Pour en finir avec ce chapitre, je dirais que l'EPUB3 est le format d'avenir pour les ebooks, mais en aucun cas pour la BD...

 

Une offre couplée de BDz en format CBZ (le CBZ est plus approprié que le CBR car le format zip plus compatible avec PHP) et un tatouage numérique lié à un compte d'utilisateur suffirait largement pour garantir l'interopérabilité et la sécurité des fichiers si bien sûr il y avait un contrôle des réseaux de partage fait par de vrais professionnels des BD numérisées.

 


Dernière minute : BDzmag "numéro un" du piratage des BD

 

 

Ben oui !

L'algorithmique de Google a fait de nous les premiers sur la recherche "piratage BD". C'est-y-pas beau ?!

 

Le BDZmag avec son action Pirate ta BD ! est la première réponse qu'obtient un internaute sur Google. Ne cherchez pas plus loin, voilà la solution au piratage. BDZmag peut devenir le meilleur outil anti-piratage des BD.

 

Si les éditeurs cédaient des BD à diffuser en Creative Commons ou par un accord de diffusion, cela permettrait d'étoffer notre catalogue et faire leur promotion gratuitement. Et si une distribution légale leur était proposée, les internautes seraient moins enclins à poursuivre leurs recherches vers les plates-formes pirates.


Éditeurs, nous sommes prêts à vous accueillir !

 

Et en attendant de nombreuses offres de votre part, nous allons reprendre en février l'action de Pirate ta BD V2 (voir la FAQ), et nous invitons tous les auteurs intéressés à nous contacter via ce formulaire.