Paris, 1898 : entre prostitution et coups de surin...

Clément Solym - 11.10.2011

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C'est un vieux Paris, de gouaille et d'argot… C'est un Paris où Aristide Bruant soulève encore l'enthousiasme des foules, son écharpe rouge enroulée autour du cou. Un Paris qui compte en sous, chez les petites gens. Où la poulaille a à faire avec les Apaches, et qui d'un coup de surin, met un homme à terre.

 

C'est aussi une ville qui vit côté trottoir, sur le ruban, parce que les femmes n'ont pas vraiment d'alternative pour entrer dans le monde. La petite porte. La toute petite. Un monde que Toulouse-Lautrec affectionnait particulièrement. On y turbine d'un client à un autre et les rafles ne sont pas autres que celles des cognes.

 

C'est un Paris qui a quelque chose de mythique et de légendaire, mais qui n'en est pas moins réaliste pour autant. Le racolage sur la voie publique n'y est autorisé que dans les heures de tolérance, sinon, c'est cinq jours de dépôt. Mais les macs ne manquent pas, et la petite Lilie est prompte à changer de protecteur.

 

La loi du plus fort est toujours la meilleure, et pas que dans les fables de monsieur La Fontaine. Sur le trottoir, il s'en trouve quelques-uns pour manier le couteau mieux que d'autres, et savoir comment imposer sa protection plutôt qu'une autre.

 

Lilie, ou Amélie, selon ses anges gardiens, goûtera tour à tour aux charmes de la vie conjugale, puis des atours de Lesbos, avec la Belle-Hélène, avant de se retrouver sous le joug de Bouchon, vulgaire crapule et assassin notoire, ou encore de Manda des Orteaux, pas vraiment plus recommandable.

 

De beaux parleurs, qui plaisent aux dames. La moustache est fine, la parole est douce, mais c'est toujours pour mieux se retrouver sur le ruban que les belles se font prendre par ces oiseaux de nuit.

 

C'est un Paris bien triste, où l'on a d'avenir que dans les bordels, qui ne portent pas ce nom, quand on a la chance de ne pas passer trop de temps dans la rue. Et pour la petite Lilie, la vie de blanchisseuse était si triste, si fade… Si commune.

 

Retrouver La fille de Paname, sur Comparonet

 

Elle qui a voulu connaître la vie, l'aventure, la voici servie. Et nous avec elle, par un récit qui prend pied dans la toute fin du XIXe siècle. 1898, Paris est encore Paname, et dans les bals musettes, l'aventure peut vite tourner court. Le dessin est impeccable, une excellente retranscription de la vie d'alors. On y roule des mécaniques, comme on l'aurait pu croire. Les planches sont larges et amples, pour retrouver une atmosphère, que nul n'aurait reniée.

 

Entre prostitution et criminalité, c'est tout un parcours splendide que la fille de Paname nous entraîne à découvrir.

 

Immanquable, pour la couleur, le dépaysement et la petite histoire.

 

Kas Galandon, La fille de Paname, Tome 1, L'homme aux couteaux, chez Le Lombard, 15,95 €