Pas de BD dans la prochaine liste de numérisation des indisponibles

Clément Solym - 06.06.2013

Manga/BD/comics - Univers BD - oeuvres indisponibles - numérisation - registre ReLIRE


Petit message à visée informative : le SNAC-BD vient de rencontrer le comité scientifique du registre ReLIRE, pour examiner la question de la bande dessinée dans le processus de numérisation des oeuvres indisponibles. Une audition importante, pour évoquer les modalités techniques qui doivent être mises en oeuvre.

 

 


 

 

En effet, pour la BD, contrairement aux textes noirs, l'approche visuelle est essentielle, « et son sens est intrinsèquement lié à la perception et à l'objet livre », rappelle le syndicat. Si l'image, lors de la numérisation, est détériorée, alors l'oeuvre elle-même est altérée. « Le passage en numérique est donc périlleux et peut constituer une atteinte au droit moral de l'auteur, et ce d'autant plus si l'œuvre est en couleur : le processus de numérisation est de nature à modifier profondément la couleur », précise le SNAC

 

Pour la numérisation, tout part du document détenu par la BnF dans le cadre du dépôt légal. Il ne s'agit donc pas de remonter à la source du matériel d'imprimerie, et aucun budget n'a été prévu pour retraiter les fichiers après numérisation « pour un retraitement poussé permettant d'isoler les noirs et d'atténuer les trames dans le cas des illustrations ». Des problèmes techniques qui ne peuvent pas convenir dans le cas de la BD. 

C'est pourquoi les bandes dessinées ne seront pas concernées par l'opt-out dans la prochaine liste annuelle. Une consultation technique aura lieu afin de trouver une procédure adéquate et des financements complémentaires devront probablement être trouvés (le coût risque de dépasser l'enveloppe prévue initialement).

Néanmoins, les auteurs désireux de voir l'un de leurs ouvrages entrer en gestion collective pourront le faire de façon volontaire et le proposer au comité scientifique (opt in).

 

Dans un prochain temps, la SOFIA « mettra en place pour tous les livres mis en gestion collective une charte technique définissant des critères de qualité lors de la numérisation ». Le SNAC-BD a insisté tout particulièrement sur la nécessité d'impliquer les auteurs et de simplifier leur mise en relation avec les possibles éditeurs et futurs cessionnaires des droits. En l'état, donc, les éditeurs numériques.

 

Autre point :  

Petite précision : seules les œuvres éditées en France par un éditeur français (siège social) seront concernées par le dispositif, sauf accords avec une SPRD dans le pays concerné. Ce qui risque d'être complexe dans le cas des maisons d'éditions franco-belges. Quid de Dupuis, société belge possédée par un groupe français, de Casterman, société belge essentiellement présente en France, détenue par le groupe Flammarion, lui-même anciennement détenu par des Italiens et aujourd'hui dans le giron de Gallimard… ?

 

Le SNAC-BD réitère ses réserves sur la loi portant sur l'exploitation des oeuvres numérisées dans le cadre de ReLIRE, il « préfère privilégier une attitude de critique constructive à une stérile opposition frontale maintenant que la loi a été votée par le parlement et que Relire existe ».