Penelope Bagieu en soutien contre le chalutage de fonds marins

Nicolas Gary - 21.11.2013

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Les fonds marins sont en danger. « Pour trois poissons péchés, plus de 100 espèces sont sacrifiées, rejetées mortes à la mer. Parmi elles, des espèces menacées d'extinction », explique l'ONG Bloom, qui oeuvre contre la lutte en eaux profondes. Et en appelle au président de la République, dans une pétition.

 

 

 

 

Selon les informations données par l'association, 2013 serait une « année cruciale ». En effet, la Commission européenne a proposé d'interdire le chalutage, méthode de pêche qualifiée de « plus destructrice de l'histoire ».  

D'immenses filets lestés raclent les fonds marins jusqu'à 1800 mètres de profondeur et dévastent des écosystèmes multimillénaires et des espèces vulnérables, dont certaines sont menacées d'extinction. En France, moins de dix navires sont impliqués dans la pêche profonde au chalut de fond. Six d'entre eux appartiennent à la flotte d'Intermarché. 

 

Or, cette méthode, qui serait amplement financée par des fonds publics, représenterait des marchés déficitaires. Les lobbies feraient leur travail, pour que le Parlement européen lève l'interdiction, en faisant notamment pression sur le gouvernement français. 

 

L'association interpelle donc le président Hollande, lui réclamant la plus grande fermeté sur cette question : 

Nous, citoyens de France et du monde, vous exhortons à soutenir la proposition européenne d'interdire le chalutage en eaux profondes, qui est reconnu comme l'une des méthodes de pêche les plus destructrices de l'histoire. Cette activité résiduelle, déficitaire et subventionnée ne concerne que neuf navires en France mais son impact environnemental est disproportionné : d'immenses filets lestés ratissent les milieux océaniques les plus vulnérables et capturent plus de 100 espèces, ensuite rejetées, dont certaines menacées d'extinction. Ces pêches industrielles dévastent le patrimoine naturel de l'humanité en rasant des coraux multimillénaires, détenteurs du record de longévité animale sur terre.
M. Hollande, honorez la promesse « d'excellence environnementale » que vous avez faite aux Français et mettez fin à cette déforestation des océans profonds qui déshonore la France. Soutenez sans équivoque la proposition d'interdiction du chalutage en eaux profondes.

 

Et c'est un soutien inattendu que l'association vient de recevoir : la dessinatrice Pénélope Bagieu a réalisé deux dessins pour sensibiliser à cette campagne, et inciter ses lecteurs et les autres à signer la pétition. 

 

 

 

 

La chercheuse et spécialiste de la pêche, Antonia Leroy, nuance dans le Nouvel Obs cette incitation à signer aveuglément. Elle rappelle que le principe du chalut est en effet nuisible pour l'écosystème, mais en fonction de la nature des fonds qu'il va racler : sur des fonds meubles, les conséquences ne sont pas dramatiques. Sur fonds durs ou semi-durs, c'est en revanche la catastrophe. 

 

De même, les attaques portées contre les subventions européennes méritent plus de développements : 500 emplois directs, en France, seraient concernés, et de précise que tout emploi sur mer génère trois emplois sur terre. 

 

Le véritable enjeu serait donc la pêche illégale.  

Aujourd'hui d'autres pratiques font beaucoup plus de ravages au niveau des écosystèmes comme la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (avec plusieurs milliers de palangriers asiatiques), la pêche avec des engins prohibés au niveau mondial (filets maillants dérivants utilisés par les Iraniens) et la pêche traditionnelle à la moustiquaire dans les mangroves ou les estuaires (Madagascar, Guinée Bissau, Sénégal, etc.). 

Il est vrai que la Scapêche est une cible médiatique appropriée (qui prendra en compte ces accusations par souci pour son image) et surtout une cible plus accessible pour les ONG qui ont aussi des contraintes humaines pour dénoncer ces abus. L'action de Bloom a le mérite de mettre le débat de la surpêche en avant et de sensibiliser le public à ces problématiques. 

 

La campagne a déjà recueilli plus de 400.000 signatures.