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Petit Paul : pédophilie, inceste et viol dans la BD de Bastien Vivès ?

Nicolas Gary - 24.09.2018

Manga/BD/comics - Univers BD - Bastien Vivès BD - Petit Paul pédopornographie - enfant rapports sexuels


Présenté dans sa préface comme une parodie des aventures de Martine, Petit Paul de Bastien Vivès fait l’objet d’une vive polémique. Ce serait pourtant « un pied de nez à l’ordre moral, la sexualité bien-pensante qui rassure... qui emmerde », relève la préfacière, Céline Tran. Oui, mais on parle aussi de pédopornographie...

 


 

 

Petit Paul vit à la campagne, d’accord : il va à l’école primaire (il a possiblement une dizaine d’années) et la nature l’a doté d’un pénis monstre, dont le sperme coule à flots. Étonnante nature. Le titre inaugure la collection Porn' Pop que les éditions Glénat viennent de lancer pour cette rentrée. 

 

Sa directrice, Céline Tran, fut connue sous le nom de Katsuni alors qu’elle était actrice de films X. Jusque là, le projet est tout à fait louable, et même à encourager. Car, pas de confusion, la carrière d'actrice X n'est pas jugée ici ni, évidemment, mise en cause.

 

Un mineur trop bien membré
 

Sauf que Petit Paul, comme son personnage le laisse entendre, est un mineur et ainsi que le souligne la couverture du titre, c’est un mineur dans un ouvrage à caractère pornographique. Et c’est là que le bât commence à blesser sérieusement.

 

Une pétition a été déclenchée, considérant que l’ouvrage verse dans la pédopornographie : le gamin se retrouve en effet, à de nombreuses reprises, à avoir des rapports sexuels avec des femmes, largement adultes, elles. 

 

Par le menu : son institutrice qui lui inflige un cunnilingus – en lui demandant de réciter sa poésie. Et ce, après que Paul gagné par le trac a abondamment répandu du sperme partout dans les toilettes. Il avait quitté la classe avec l’enseignante parce qu’il s’était fait pipi dessus, angoissé à l’idée de sa récitation.

« Seul le sketch avec la maîtresse est un peu borderline, car elle est plus volontaire que les autres protagonistes de l’album. Mais il n’y a pas de sa part de pulsion sexuelle selon moi », indique d’ailleurs l’auteur dans un entretien au Huff Post.




 

Séquence suivante : de nouveau, Paul (qui a un don pour se mettre dans des situations pas possibles) se retrouve caché derrière un rideau, de nouveau en plein coït. Deux femmes manifestement musulmanes entrent pour se changer, et pas de chance : le pantalon de Paul craque sous la pression de son érection. Pour cacher Paul, une seule solution : la pénétration. Et une fois encore, sans, vraiment, lui demander son avis...

 

La scène s’achève sur une éjaculation faciale au visage du père de cette jeune femme pleine de bonne volonté.

 

Nouveau jeu : au judo, c’est un 69 avec sa prof qui s’engage. Difficile de dire si Paul y prend plaisir, mais, là encore, cela s’achèvera pas une éjac'. Il y aura une séquence de sodomie alors que le petit est sur la cuvette des toilettes. Qu’on se rassure : la femme qui en profite a été longuement préparée (fist et foot fucking inside).

 

Passons rapidement sur la case où l’on assiste à une scène de zoophilie – Monsieur Jacques, paysan, est en train de faire son affaire avec une vache... Dans la ferme se déclenche une sorte de gang bang de haut niveau : pour préserver l’enfant, Magalie, sa soeur, se retrouve à le porter sur son dos, après que, par mégarde, Paul l’a pénétrée.

 

« Attends, c’est peut-être la seule solution », explique-t-elle, alors que le pénis de Paul est toujours en elle. Cette même Magalie encouragera Paul (cette fois dans une levrette plus conventionnelle) à taper fort, pour échapper à une créature maléfique. C’est la dernière saynète de la BD qui se clôt ainsi...

 

Représentation de rapports sexuels avec un mineur : ça coince...


Résumons : graphiquement, pas grand-chose à dire. C’est du très bon Bastien Vivès, dont le trait est mis au service de séquences pornographiques velues velues. Sur le fond, et c’est bien ce que la pétition souligne, ces instants de sexualité débridée s’opèrent bel et bien avec un enfant. 

 

Donc de la pédophilie – cette dernière consistant à une pornographie où des enfants sont mis en scène. Et dans le cas de Paul, nous sommes bel et bien face à un personnage en dessous de l’âge de la majorité sexuelle – donc d’une atteinte sexuelle sur mineur. Soit 7 ans de prison et 100.000 € d’amende – et quand bien même le mineur serait consentant. (article 227-25 du Code pénal de 1994, modifié par la loi du 17 juin 19982 et celle du 3 août 20183)

Quand à l’article 227-23, il est radical : « Le fait, en vue de sa diffusion, de fixer, d'enregistrer ou de transmettre l'image ou la représentation d'un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. »
 

Dans le cas de Paul, qui ne manifeste pas de résistance ni n’exprime de consentement explicite, on pourrait basculer dans l’agression sexuelle... voire le viol puisqu’il y a pénétration. Le cas de la maîtresse, en début de BD, relèverait même de circonstances aggravantes, puisque la personne abuse de l’autorité que lui confère son poste pour obtenir son cuni – 10 ans de prison et 150.000 € d’amende.

 

La loi Schiappa sur les violences sexuelles est encore fraîche de ses vifs débats dans les chambres parlementaires – notamment concernant l’article 2 qui était accusé de minorer les peines en cas de viol. Et c’est bien d’un crime dont on parle...
 

Ne pas se voiler la face toutefois
 

« Nous rappelons que le livre est censé être humoristique, et il nous paraît délicat de rire d’une scène faisant l’apologie de l’abus d’enfant, un sujet malheureusement bien trop actuel », indique la pétition qui demande le retrait du marché de la BD. 


Alors, peut-on rire de tout, avec tout le monde, et commercialiser un ouvrage qui présente tous les aspects d’un titre centré sur la pédopornographie ? Excellentes questions : la réponse juridique est non.
 

Pas question non plus de feindre l’ignorance : internet regorge, si l’on veut en trouver, de comics mettant en scène des incestes et de la pédophilie à foison. Le magazine spécialisé (et pour adultes) Le tag parfait, faisait déjà état en novembre 2015 de la recrudescence d’une « vague incestueuse » dans la BD pour adultes. 

 

« Je pense que l’inceste attire les gens parce que c’est la chose la plus défendue qui vient à l’esprit dans le domaine du sexe. Et tout ce qui est défendu semble plus attirant » indiquait alors le dessinateur Romulo « Melkor » Mancin, qui a bossé pour Milftoon, éditeur dédié à cette littérature.

 

Pour autant, les scénarii des BD n’étaient pas de lui, et les histoires impliquaient des affaires de belle-mère. Mais le fait qu'existe une demande et qu'une offre y réponde n'autorise pas non plus à passer outre la loi, et la protection des mineurs.
 

Les éditions Glénat ont diffusé un communiqué, répondant à ces différentes questions.

 

 

« Suite aux récentes et vives attaques à l’encontre de l’ouvrage Petit Paul de Bastien Vives, nous avons tenu à réagir. Premièrement, il est important de souligner que Petit Paul est un ouvrage exclusivement destiné aux adultes (l’album est vendu scellé, sous blister, avec un sticker avertissant distinctement de la teneur de son contenu pour public avertis) et que sa mise à disposition est, par conséquent, interdite aux mineurs.
Par ailleurs, nous réfutons fermement et catégoriquement les accusations de pédopornographie dont Petit Paul fait l’objet. Aussi obscène et provocatrice qu’on puisse la considérer, cette œuvre de fiction n’a jamais pour vocation de dédramatiser, favoriser ou légitimer l’abus de mineurs de quelque manière que ce soit. Il s’agit d’une caricature dont le dessin, volontairement grotesque et outrancier dans ses proportions, ne laisse planer aucun doute quant à la nature totalement irréaliste du personnage et de son environnement. L’aspect de Petit Paul ne peut en aucun cas être tenu pour la représentation fidèle d’un mineur ; ni les situations extrêmes et absurdes qu’il vit pour des situations réalistes. 

Si notre maison laisse libre cours à la liberté de ton, l’audace et la créativité, elle est également particulièrement attentive à ce qu’elle publie et assume l’ensemble de ses choix éditoriaux. Jamais elle n’aurait autorisé la publication d’une œuvre allant à l’encontre de la loi, ou présentant la moindre ambiguïté sur un sujet aussi grave. 

Merci de votre vigilance. Les éditions Glénat. »

Dont acte...
 

L’association internationale des victimes de l’inceste ne semble pas avoir digéré le communiqué de l’éditeur, et a manifestement décidé de porter plainte.

 

 


Nous avons pris attache avec l'association et sommes en attente de précisions, ainsi que de la part des éditions Glénat.
 

Première réaction, rapidement après le déclenchement de la polémique, la décision de Cultura de déréférencer l’ouvrage, et de le retirer de la vente dans ses boutiques.

 

 

Peu après, c'est le groupe Gibert qui a fait part de la même décision


 

 




Commentaires

Grande guerre entre la nécessité de défendre la liberté d'expression et l'abjection de certains moyens de faire du fric. Vaste conflit !

En revanche, que la maison Glénat soit démentie dans sa défense: même vendue sous blister avec tous les avertissements utiles pour ouvrir le grand parapluie, que cette maison dont l'approbation compte arrête son hypocrisie: cet ouvrage sera déballé et répandu partout où il ne doit pas aller. Les livres quels qu'ils soient, ont une vie après leur première utilisation. Son aspect BD innocente et juvénile, muni d'un parrainage de Glénat soi-même pourrait induire bien des fausses routes et des utilisations imprévues.

Bien que très attachée à la liberté d'expression, je conclus qu'il faut retirer cet ouvrage des circuits classiques sous sa forme actuelle et réfléchir à d'autres moyens de diffuser l'ouvrage auprès de son public et seulement lui. A-t-il un public cible, d'ailleurs, et la diffusion forcément plus réduite vaut-elle la peine de se compliquer ainsi et d'assumer des risques pénaux lourds ???
En fait, il ne faut pas réduire le problème à cette seule BD. On pourrait... entendre (bien que difficilement) l'envie de Vivès de "tester les limites de l'humour" sur un opus. Le problème, c'est la récurrence dans ses albums, le tout appuyé par ses interviews, articles, où des journalistes complaisants à souhait, sans doute par peur de ne pas paraître modernes, le laissent dire toute son excitation pour l'inceste ou la pédophilie.

S'il y a vraiment un procès, il aura du mal parce que ça n'est pas les éléments qui manquent.
Il ne faudra surtout pas oublier de supprimer des rayons toutes les bd qui mettent en scène des meutres, de la torture, du harcèlement physique ou moral, car c'est également interdit par la loi.
Bonjour : en réalité, les crimes que vous évoquez sont en effet condamnés par la loi, mais leur représentation ne l'est pas, contrairement à la pédophilie.

Attention à ne pas tout mélanger...
Bonjour,



La spécificité du matériel pédo-pornographique c'est qu'il est utilisé par les agresseurs dans leur stratégie d'approche (emprise, grooming, séduction perverse, manipulation, appelez ça comme vous voulez) pour arriver à convaincre l'enfant que la pédophilie c'est bien, c'est cool, et surtout c'est normal. Le fait que ça soit vendu par un éditeur ayant pignon sur rue facilite cette "normalisation". C'est la raison pour laquelle la pédo-pornographie est interdite par la loi (et pas les BD avec des scènes d'homicide, de guerre, de viol ou autres sujets violents). C'est parce que c'est dangereux pour les enfants !
Ce ne sont ni les dessins, ni les propos qui sont choquants, on peut rire de tout... À condition que la visée soit humoristique, et non pornographique (collection de l'éditeur clairement orientée "sexe" et rayonnage "pornographie" dans les points de vente). Les humoristes qui ont brisé les tabous ne manquent pas... Mais ici, on parle d'un ouvrage destiné à exciter la libido qui met en scène un enfant subissant des violences sexuelles. Rire en regardant ces planches est un effet (chacun son humour...), mais certainement pas le but de l'ouvrage qui renferme des... fantasmes (comme le mentionne l'auteur).
Je crois que l'intention de l'auteur était de présenter une bande dessinée érotique à la fois hilarante et scandaleuse (comédie de la variété la plus noire, peut-être?) At-il réussi? Sur la seconde moitié, je peux dire oui en toute sécurité. red face

De plus, je crois que dans les fantasmes de Vivès, ce n'est pas Paul qui a des sentiments sexuels, mais plutôt toutes les femmes de son entourage ...

en dessinant le petit garçon avec la grosse bite, il compense clairement quelque chose ... C’est évident! wink
Au-delà de la polémique sur la pédopornographie, cette BD est aussi, du moins à la lecture du scénario ici résumé, un plagiat très net d'un ouvrage de GAST, Les premiers exploits de Titi fricoteur, paru en 1990 (2 tomes, avec scénario de LISAY et dessin de GAST aux Editions CAP. On a connu Vivès plus inspiré :-(
Défendre cette merde, c'est la même réthorique de l'extrême droite et sa victimisation ; on se sent pas libre, etc. Sauf que comme déjà dit il y a des délits, et la pédopornographie en est un. Et ce débile a visiblement un problème avec ça. Bel exemple de l'époque putassière dans laquelle on vit, où le veau d'or semble justifier tout, je vise là l'éditeur, pour qui l'argent n'a pas d'odeur. En plus de ça c'est un plagiat torché avec les pieds
Il ne faut pas oublier que l'auteur est connus depuis plus de 10 ans pour ses fantasmes ! Il suffit juste de lire les divers liens, ou Bastien Vivès, clairement identifié, agé de plus de 20 ans, exprime sont désir pour les enfants : https://twitter.com/anti_sexism/status/1043051959887060992

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